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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 16:50

 

Les deux concerts orgue et clavecin des 24 et 25 août par Jean-Luc Ho permettront une mise en regard, ou plutôt en écho, des compositions des maîtres allemands du baroque des XVII et XVIII siècles. Deux familles d’instruments de la même époque, toutes les deux privées du jeu entre le piano et le forte, si déterminant (important) par la suite que le nouvel instrument s’appellera pianoforte qu’on abrégera en piano. Dialogue entre la culture de cour (le clavecin est l’instrument des élites) et la culture populaire (l’orgue est entendu par le peuple des croyants, c’est-à-dire par tout le monde à l’époque). Un dialogue entre les maîtres Buxtehude et Bach, éclairé par les maîtres italiens.

 

Dietrich Buxtehude n'est pas un compositeur très connu. Né en 1637, il meurt en 1707: 70 ans … un record à l'époque. En 1688, il est nommé à la Marienkirche de Lübeck, l'essentiel de ses œuvres sera élaboré entre cette date et celle de sa disparition. Il ne nous est parvenu qu'une partie de son travail immense : on compte à ce jour, néanmoins, 130 pièces vocales, 110 pour orgue et clavecin et une vingtaine d’œuvres de musique de chambre. Dietrich Buxtehude est donc un acteur majeur de la musique Européenne de cette époque et singulièrement de l'apogée du Baroque.

 

Bach et les grands italiens, un dialogue entre les cultures qui commence dès Schütz et Monteverdi, et se poursuit avec Albinoni, Vivaldi, Pergolèse, un dialogue où les éditeurs et les interprètes jouent ... les interprètes (le violoniste Pisendel apporte la musique de son professeur et ami Vivaldi à la cour de Dresde, Vivaldi le vénitien délocalise, pour des raisons économiques, l’impression de ses œuvres à Amsterdam). Un dialogue fait de respect mutuel et de liberté : lorsque J.S. Bach réécrit le Stabat Mater de Pergolèse pour en faire la cantate Tilge, Höchster, meine Sünden, BWV 1083, il en modifie à peine l’instrumentation et il en change radicalement le sujet : la Vierge Marie, qui tient une place centrale dans le culte catholique est pratiquement inexistante dans le culte luthérien..

 

L’orgue de Saint-Pierre de Pordic n’est pas un grand instrument, il a à peu près les caractéristiques de l’orgue de J.S. Bach à Weimar, c’est un petit orgue provincial, loin des splendeurs des orgues des riches villes de la Hanse comme celui de Buxtehude à Lübeck, ou celui de Telemann à Hambourg.

 

Le clavecin utilisé par Jean-Luc Ho est une belle copie d'un instrument de Jean-Antoine Vaudry datant de 1681 et conservé au Victoria & Albert Museum à Londres.

     

 

 

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