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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 16:55

Jean-Luc Ho 

Jean-Luc Ho, comment a commencé pour vous l'aventure de la musique ?

— J'ai eu la chance que mes parents m'emmènent un jour à l'école de musique de Franconville. C'était en 1992, j'avais huit ans et j'ai eu un choc en découvrant un clavecin ! Et j'ai su, dès ce jour-là, que je voudrais jouer de cet instrument. Je serai toujours reconnaissant à mes parents de m'avoir encouragé et de m'avoir par la suite acheté un vrai clavecin, un instrument moderne, qui date d'une dizaine d'années, fait d'après un modèle italien ancien. Je jouerai d'ailleurs cet instrument le 31 mars à Radio France.

 

On apportera un clavecin de chez vous jusqu'à Radio France ?

— Non pas un mais deux.

 

Vous voulez dire que vous avez deux clavecins chez vous ?

— En réalité, j'en ai trois, mais on n'en apportera que deux : celui qui est imité de l'italien et un autre clavecin, flamand, moderne également, d'après Rückers. Mon récital sera organisé en deux parties, et j'utiliserai d'abord l'instrument flamand, puis l'autre. La première partie sera d'une certaine manière plus vocale, et mettra en valeur l'ornementation à la française avec notamment une suite de D'Anglebert, un compositeur dont la table d'ornementation était utilisée par Bach. Bach sera d'ailleurs présent dans cette première partie, avec également Dowland et Purcell. La seconde partie jouera plus sur le plaisir de la virtuosité, avec des pièces de Frescobaldi et, pour finir, la Toccata en sol mineur de Bach. Le clavecin embrasse deux cent cinquante ans d'histoire, et chercher un seul instrument pour jouer l'ensemble de ce répertoire n'est vraiment pas la bonne solution : à chaque instrument son répertoire, au contraire, et à chaque répertoire son instrument.

 

Êtes-vous intéressé par l'étude du pianoforte ou du piano ?

— Passer du clavecin au piano via le pianoforte n'est pas un objectif en soi. En revanche, depuis que j'ai quinze ans j'ai la chance de jouer sur de nombreux orgues historiques. Aujourd'hui, même si mon parcours est d'abord celui d'un claveciniste, je me définis comme un musicien à clavier. Pour moi, les deux sont interchangeables. D'ailleurs, au XVIIe siècle, les facteurs fabriquaient à la fois des clavecins et des orgues. En Allemagne, on parlait d'instrumentmacher. Il ne nous reste rien de la musique d'orgue de Rameau, mais j'imagine qu'il devait sublimement improviser sur le grégorien, dans un style opératique.

 

Revenons à vos études. Quels ont été vos professeurs ?

— Pascale Chochod, d'abord, à Franconville. Puis Blandine Vernet au Conservatoire du 6e arrondissement de Paris. Enfin, au Conservatoire National Supérieur de Paris, Olivier Beaumont, Blandine Rannoux et Kenneth Weiss. Au CNSM, j'ai pu en 2005 jouer le Triple Concerto de Bach sous la direction de Sigiswald Kuijken, une expérience marquante ! J'ai obtenu mon prix en 2006 mais je suis moi-même professeur à Franconville depuis 2004. J'ai une dizaine d'élèves, qui ne sont plus obligés comme autrefois de passer par le piano pour aborder le clavecin. J'aimerais bien sûr ouvrir aussi une classe d'orgue. J'aime bien présenter au public aussi bien qu'aux élèves les instruments et le répertoire, ce que je fais par exemple à la Cité de la musique ou à l'abbaye de Royaumont.

 

Un projet de disque ?

— Oui, je compte enregistrer bientôt un programme d'œuvres de Frescobaldi, au clavecin et à l'orgue.

 

Propos recueillis par Christian Wasselin (source site de Radio France)

 

 

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