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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 12:17


Joseph HAYDN (1732-1809)       

  



Joseph HAYDN est né à Rohrau, en basse Autriche, le 31 mars 1732. Tout jeune, Joseph démontre de brillantes aptitudes pour la musique. J.M. Franck, maître d'école cousin de ses grands-parents paysans, le prend sous sa férule, alors qu'il n'a que cinq ans, promettant de lui enseigner la musique. Ce qu'il fait au cours des trois années suivantes et ce, d'une manière plutôt rude. Durant cette période, il recevait plus de rossées que de nourriture.

 

À l'âge de huit ans, le maître de chapelle de la cathédrale St. Stephen de Vienne l'a accepté comme jeune choriste. Il y a accumulé une expérience pratique en musique alors qu'il était soliste de chœur, tout en étant soumis à une discipline redoutable. Pour les jeunes choristes, les conditions de vie étaient si misérables que Joseph devait chanter dans les rues pour acheter de la nourriture. Il reçut, durant cette période, une éducation générale ainsi qu'une formation pour sa voix et l'apprentissage du violon et du clavecin.

 

En 1749, alors que sa voix mue, Joseph est renvoyé. Mis littéralement à la rue, il commence à donner des leçons et à étudier en autodidacte la musique de Carl Philip Emmanuel Bach et les exercices de contrepoint de Johann Joseph Fux, tout en jouant dans les rues afin de gagner sa vie. Il était déterminé à devenir un compositeur de musique. Finalement, il eut assez d'élèves et d'engagements comme musicien pour louer une chambre dans un grenier miteux, acheter un clavecin usagé et commencer sérieusement sa carrière . Ce ne fut pas long.

 

Dès 1751, deux ans seulement après avoir quitté St. Stephen en mendiant, il va recevoir la commande d’un opéra comique (perdu), qui fut produit à Vienne et, plus tard, à travers tout l'Europe. Il compose aussi des pièces pratiques telles des quatuors à cordes et des divertimenti servant à accompagner les repas et les divertissements des bourgeois de l'époque.

 

En 1754, il devient accompagnateur vocal, élève et serviteur de Nicola Porpora, compositeur italien, professeur de chant et employeur pingre et abusif. Il reçoit d'inestimables leçons sur la langue et la musique italienne et s'introduit auprès de la noblesse. Serviteur endurant, sa patience et son travail seront récompensés : en 1759, il devient le directeur musical du Comte Morzin et écrit sa première symphonie à 27 ans. Plus de cent symphonies suivront au cours des trois décennies suivantes.

 

Au même moment, Haydn devient amoureux d'une de ses élèves et, maintenant qu'il a un travail, il se sent capable de la demander en mariage mais elle décide plutôt d'entrer au couvent. Son père lui suggère plutôt d'épouser sa sœur aînée, Maria Anna, et il accepte rapidement. Celle-ci se révélera une parfaite mégère - bilieuse, avaricieuse, et indifférente à la carrière de son époux. Haydn dira, plus tard : « Tout était du pareil au même pour elle, peu importait que son mari fut cordonnier ou artiste ». Elle découpa même ses manuscrits pour enrouler ses cheveux. Après quelques années mouvementées, ils se séparèrent mais il continua de la supporter pour le reste de sa vie.

 

Le Comte Morzin ruiné remercie ses musiciens en 1761 ; Haydn est appelé auprès du prince hongrois Paul Anton Esterhazy comme assistant maître de chapelle de son domaine musical privé. Deux fois par jour, Haydn devait paraître, en uniforme, devant le prince pour recevoir ses ordres. Parmi les conditions de son contrat : « Le dit Haydn... doit être modéré et ne pas se montrer trop exigeant envers ses musiciens... Le dit Joseph Haydn doit prendre soin de... porter des bas et des vêtements blancs, être poudré et coiffé d'une natte ou d'un postiche. ... Il doit se conduire de manière exemplaire, s'astreindre de toute familiarité indue, de toute vulgarité en mangeant, en buvant et lors de conversations ». Haydn obéit ; il se hissera, tout seul, au statut d'artiste. Entré à l'emploi des Esterhazy comme tout compositeur mineur, il émerge, trente ans plus tard, en tant que génie qui aura changé la face de la musique. Ce serviteur aura donné à l'illustre maison des Esterhazy sa seule importance dans l'histoire : être l'employeur de Joseph Haydn.

 

Lorsque le Prince Paul meurt en 1762, la succession est assurée par le Prince Nicolaus, surnommé « Le Magnifique » à cause de ses extravagances comme un uniforme garni de diamants et un gigantesque palais de campagne nommé Esterhaz construit d'après le modèle du château de Versailles. À cet endroit, Haydn logeait dans trois chambres appartenant aux locaux des domestiques. Il suivait une routine quotidienne, toujours similaire, qui incluait jusqu'à huit heures consacrées à la composition. Il procédait à la création, tout comme les cuisiniers le font, avec rapidité et selon les moyens disponibles pour une consommation quotidienne. S'il n'avait pas d'idées, il priait jusqu'à ce qu'une apparaisse et ensuite, il la travaillait au clavecin.

 

Ses devoirs, en dehors des études, étaient tels qu'ils draineraient l'énergie de la plupart des gens. Devenant maître de chapelle en 1766, il était en charge de toutes les activités musicales, des musiciens, et des instruments du palais. Le palais d'Esterhaz possédait un théâtre d'opéra, un théâtre de marionnettes, deux salles de concert, un orchestre de vingt-cinq personnes et une troupe d'opéra de douze personnes. Haydn avait à préparer et à diriger deux concerts instrumentaux et deux soirées d'opéra par semaine. On s'attendait à ce qu'une grande partie de la musique pour toutes ces représentations soit de nouvelles œuvres écrites par Haydn ; au long des années, il a monté soixante-quinze opéras écrits par d'autres compositeurs. Esterhaz était, en fait, l'un des hauts lieux de l'opéra en Europe. Pour la majeure partie de sa vie, Haydn se considérait d'abord un compositeur d'opéra.

 

Un avantage de cet amas de responsabilités était qu'Haydn avait, à sa disposition, des musiciens et des chanteurs qui lisaient ses compositions dès que l'encre était sèche. Quelques fois il sortait de son bureau, assemblait l'orchestre pour tester une idée pour ensuite retourner au travail.

 

En 1765, après quatre ans de travail pour les Esterhazy, ses œuvres étaient si largement connues qu'un quotidien de Vienne le surnomme «le chéri de notre nation». Il le demeurera pour le reste de sa vie. Les années passent calmement, industrieusement, et avec grande satisfaction. Esclave dans un palais doré, il accomplit ce qu'il voulait faire et accède à la célébrité.

 

Après vingt ans d’isolement, Haydn rencontre Mozart en 1781. Le maître de 49 ans et le jeune génie de 24 ans deviennent de proches amis qui mettent au point les formes musicales du futur. Haydn fut le seul pair que Mozart ait reconnu : «Lui seul a le secret de me faire rire et de me toucher au plus profond de mon âme ». Peu de relations, en musique, furent aussi chaleureuses et constructives que celle de Haydn - sobre, fastidieux, effacé, et respectueux de ses supérieurs - et Mozart - enjoué, mercurien, arrogant, brillant sans effort et incapable de s'astreindre à l'indignité d'être un compositeur de cour. La générosité de Haydn envers Mozart est caractéristique de l'homme : ambitieux mais non compétitif, ancré dans son mode de vie mais ouvert aux nouvelles idées.

 

Haydn était sensible au charme féminin et souvent ces attractions étaient réciproques. Dans les années 1780, il entretint, apparemment de manière passionnée pour sa part, une longue liaison avec une jeune cantatrice à Esterhaz mais les intérêts de la jeune dame semblaient être axés principalement vers son argent.

 

La vie de Haydn à Esterhaz prend fin en 1790 quand Nicolaus Le Magnifique meurt. « De savoir que je ne suis plus un serviteur », écrit-il après trois décennies de services sans rechigner, « me repaie pour tous mes troubles ». Il s'installe à Vienne où il recommence à travailler avec son ancienne diligence.

 

Il a près de soixante ans, et quelques-uns de ses plus grands accomplissements restent à venir. L'entrepreneur musical anglais J.P. Salomon le persuade de venir avec lui à Londres pour une série de concerts. À sa réception d'adieu, Mozart dit en pleurant à son ami et maître : «Ceci est un adieu. Nous ne nous reverrons plus jamais.» Il avait raison ; alors qu'il était en Angleterre l'année suivante, Haydn fut frappé par l'annonce de la mort de Mozart.

 

Il arrive à Londres le Jour de l'An 1791 et se trouve acclamé comme jadis Haendel. Haydn est invité à tellement de réceptions et de banquets qu’il s'enfuit à la campagne où il reprend son rythme habituel de composition (tout en demeurant assidu aux réceptions). Il compose les douze symphonies de Londres, a une liaison avec une veuve Schroeter, qu'il qualifie à ses amis de Vienne, « d’encore belle malgré ses soixante ans ». Entre ses visites à Londres, il continue, à Vienne, de composer et de s'occuper de ses élèves - parmi lesquels le jeune Beethoven.

 

Haydn consacre les années 1797 et 1798 à l'oratorio « La Création », une œuvre qui rivalisera de popularité avec le Messie de Haendel. Au cours des mêmes années, il commence une série de Messes commandées par Nicolas II, le nouveau prince d'Esterhazy. En 1797, son chant « Gott erhalte Franz den Kaiser » devient, à la grande fierté de Haydn, l'hymne national autrichien. Il le recycle en une série de variations à l'intérieur d'un quatuor à cordes, lequel fut surnommé «L'Empereur».

 

De 1799 à 1801 Haydn travaille beaucoup à un autre grand oratorio « Les Saisons ». Les efforts requis l'auraient vidé tant au point de vue physique que créatif. Que ce soit vrai ou pas, ce sera son chant du cygne. Il abandonne. « Je n'aurais jamais cru » dit-il, lamentablement, à un ami en 1807, « qu'un homme puisse s'affaisser aussi complètement que je me sens maintenant. Ma mémoire est disparue ; j'ai quelques fois encore de bonnes idées au clavier mais je pourrais pleurer devant mon incapacité à les répéter et à les écrire ».

 

Malgré ce déclin, il prend un plaisir simple aux honneurs. Le monde entier le connaît affectueusement sous le nom de « Papa ». Il distribue sa richesse parmi ses amis et ses bienfaiteurs, lesquels remontaient à son enfance. Chaque jour, il s'assoit à son clavier pour jouer son hymne national autrichien, s'exclamant avec un plaisir enfantin lorsqu'il le joue bien. Lorsqu'il s’en sent capable, il reçoit des invités et se rappelle les temps anciens : « Dites bonjour de ma part à toutes les jolies filles ».

 

Au printemps de 1809, les forces armées françaises commencèrent à bombarder Vienne et Haydn ne put supporter ce choc ; il mourut le 31 mai.

 

Napoléon envoya un détachement de troupes françaises à ses funérailles. Deux semaines plus tard, le Requiem de Mozart fut joué à un service commémoratif. Haydn n'aurait pas pu être plus heureux.

 

Son œuvre peut se résumer en 108 symphonies, 68 quatuors à cordes, 47 sonates pour piano, 26 opéras (dont 11 sont perdus), 4 oratorios et des centaines de petites pièces incluant les quelques deux cents œuvres pour baryton à cordes, que jouait le Prince Nicolaus.


Haydn a connu, durant sa vie, l’adulation aujourd'hui réservée aux musiciens pop. Nul autre musicien classique ne l'a été depuis lors. À l'encontre de ses compatriotes viennois Mozart et Schubert, Haydn a récolté les fruits de son travail.

 

Dans une lettre écrite vers la fin de sa vie, Haydn écrivit cet admirable credo artistique :

 

Souvent, lorsque je bataille avec des obstacles de tout genre qui s'opposent à mon travail — lorsque mes pouvoirs physiques ou mentaux sombrent et que j'ai de la difficulté à garder le cap — une voix interne me soupire : « Il y a en ce bas monde si peu d'hommes heureux et contents — poursuivis comme ils sont par le besoin et la douleur — peut-être ton travail pourra-t-il être une source à laquelle les hommes chargés d'anxiétés et accablés de travail pourront trouver quelques moments de repos et de fraîcheur ». De fait, ç’aura été un motif puissant pour persévérer et c'est pourquoi je peux maintenant porter le regard en arrière sur ce que j'ai accompli avec une satisfaction profonde.

 

C’est Anthony van Hoboken (1887-1983) qui a dressé le catalogue thématique des œuvres de Haydn en 3 volumes (1957, 1971 et 1978).

 

Source : http://www.uquebec.ca/musique/catal/haydn/haydnbio.html, légèrement revue (« traduite » du québécois)

   

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