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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 13:21

 

Ce scherzo est le plus dramatique des quatre. Il a été dédié à Adolf Gutmann parce que, selon Wilhelm von Lenz, seul Adolf pouvait jouer les accords à la basse, qui dépassent l’envergure de la main gauche (ré–fa#–si–ré–fa# à la mesure 6). Adolf était un des élèves de Chopin apparemment les plus physiquement remarquables. C’est aussi le plus ironique et le plus architecturé des quatre scherzos, d’une majesté quasi-beethovénienne.

 

Le Scherzo s'ouvre sur deux questions mystérieuses auxquelles répondent deux octaves frappantes sans compromis. Le scherzo est construit sur deux éléments fortement contrastés. Le premier thème en ut dièse mineur commence par une série de forts accents et de gammes orageuses et enchaîne avec une marche rapide et héroïque. Dès que le second thème apparaît en ré bémol majeur, le calme et la sérénité effacent toute tension. Ces passages gracieux et lumineux se composent de phrases de choral richement harmonisées avec des vagues miroitantes de notes descendantes. On dit que ces phrases de choral sont l’écho de chants parfois entendus au monastère de Valdemosa. Le premier thème se répète alors, pas moins frappant que lorsqu’il apparaît pour la première fois, mais il se termine d'une manière surprenante qui mène au deuxième thème, qui est maintenant en mi majeur, et non plus en ré bémol majeur. Le second thème suit en utilisant le même motif que la partie précédente, mais le passage à la répétition en mi mineur évoque un souvenir triste qui n'existe pas auparavant. Après plusieurs passages calmes, un moment de silence, plusieurs vagues d'octaves descendantes, la coda finale déploie beaucoup d'agitation et de turbulence. Lorsque la coda atteint le mi aigu, une série d’arpèges s’élève au sol # aigu (high G#), retombe à un audacieux la à la basse, et l’œuvre se termine avec de brillants accords en ut dièse # (C#).(When the coda reaches the high E, a series of rolling waves runs up to a high G#, falls down to a daring stroke A in the bass, and concludes the work with brilliant masterstrokes in C#.)

 

 

(Source : http://www.ourchopin.com/analysis/scherzo.html)

 

  

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 13:15

 

           Gamme langues

 

 

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 13:00
 
du 24 au 31 août 2013
8ème Festival de Pordic
 
 
 
   
      
Jeudi 29 août 2013 | 20h30 | Chapelle du Vaudic

BAROQUE POUR TOUS LES TEMPS

Quatuor Adélys

Frédéric Bardon, violon solo de l'Orchestre de l'Opéra de Lyon

   

Antonio Vivaldi (1678-1741)

Les Quatre Saisons (version pour violon et quatuor à cordes)   

Josef Haydn (1732-1809)

Quatuor Op.74 N°3 en sol mineur « Le Cavalier » (Allegro – Largo assai –- Menuetto –

 Allegro con brio)

    
 
Le Quatuor Adélys est composé de quatre jeunes femmes. Anne-Lise Durantel, violon, Gersende Mondani, violon, Julia Robert, alto et Clémence Ralincourt, violoncelle. Elles ont invité Frédéric Bardon, violon-solo de l’Orchestre de l’Opéra National de Lyon, à tenir la partie de violon soliste. Nous sommes donc dans une configuration qui rappelle celle qui prévalait à Venise à la création.
 
Le musicologue LaurenceDreyfus fait état de l'attrait des concertos de Vivaldi, et décrit les performances légendaires de l’orchestre exclusivement féminin de Vivaldi. -> lire la suite
 
 
         Quatuor Adélys            Frédéric Bardon 
 
-> lire le parcours du Quatuor Adélys et de Frédéric Bardon 
 
 

Antonio Vivaldi (1678-1741)

 

Les Quatre Saisons (version pour violon et quatuor à cordes)       

 

C’est avec les célébrissimes Quatre saisons d’Antonio Vivaldi (version pour violon solo et quatuor à cordes) suivies du non moins célèbre quatuor Op 74 n°3 en sol mineur, Le cavalier, de Josef Haydn, que le festival de Pordic s’ouvre au riche territoire du quatuor à cordes. C’est l’auteur lui-même qui rédige les notes de programme ! Voici donc en version bilingue en italien et en français, les sonnets Sonetti Dimostrativi que Vivaldi aurait composé lui-même pour expliquer le programme de l’œuvre. -> lire la suite

 

                                     

 

 


Josef Haydn (1732-1809)

 

Quatuor Op.74 N°3 en sol mineur « Le Cavalier »

(Allegro – Largo assai –- Menuetto – Allegro con brio)

 

C’est en 1792 que Haydn entreprend d’écrire, semble-t-il à la demande de ses amis londoniens, une nouvelle série de quatuors à cordes. Il a alors soixante ans. Le genre n’est pas nouveau pour lui, et si, contrairement à ce qu’on dit trop souvent, il ne l’a pas  inventé, il l’a cependant normalisé d’une façon si fulgurante qu’elle restera un modèle jusqu’aux confins du vingtième siècle. -> lire la suite
 
        
 
 
 
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 12:55

 

 

 

Quatuor Adélys

 

 

 

 

Issues des quatre coins de la France, c’est au Conservatoire National de Région de Saint-Maur que se rencontrent en 2005 quatre jeunes musiciennes passionnées. Guidé par les précieux conseils des Quatuors Parisii et Ludwig, le Quatuor Adélys enrichit son unité humaine et musicale.

 

En 2006, il se produit pour la première fois en concert en l’église Notre-Dame du Lys, à Paris. C’est cette même année que ses membres sont admis dans de prestigieux établissements, notamment les C.N.S.M de Paris et de Lyon, ainsi qu’à l’Institut d’Études Supérieures des Arts de Paris.

 

Depuis 2009, le Quatuor à cordes se produit sur de nombreuses scènes de France, ainsi que dans des festivals tels que « Les Escales Brivadoises », le Printemps des Poètes, Art culture et spiritualité, les Concerts Vinteuil, les Jeudis de Nîmes, le Festival musical de l’Epau … Il participe en septembre 2009 à la Grande soirée des solistes de l’Opéra de Paris au Théâtre du Châtelet. Sa rencontre directe avec le public à l’issue de ses concerts le renforce dans son désir de faire voyager la musique  dans des lieux reculés, inhabituels – voire atypiques, et de pouvoir ainsi apporter à tous le partage et l’échange qu’offre la musique de chambre.

 

Depuis début 2011, le Quatuor Adélys se perfectionne auprès des quatuors à cordes Debussy et Ysäye.

 

En août 2011, le Quatuor Adélys a été le quatuor permanent du festival « Musique et patrimoine » à St Nicolas de Véroce (Savoie) sous la direction musicale et artistique de la pianiste internationale Anne Queffelec.

 

Durant deux années consécutives, en 2011 et 2012, il a rejoint le Quatuor Debussy sur scène à l’occasion des Festivals Cordes en Ballade et les Inouïes. Passionné par la transversalité des arts, le Quatuor Adélys commence parallèlement un travail musical pluriartistique : lors des Escales Brivadoises en  2011, il allie les arts de la musique et de la parfumerie et conforte cette volonté, en créant en 2012 un spectacle autour de la danse. Le Quatuor Adélys a enregistré début 2012 son premier disque chez Polymnie consacré à trois quatuors à cordes d’Enguerrand-Friedrich Lühl. Au mois de décembre 2012, il s’est  produit au Théâtre de la Madeleine à Troyes aux côtés du violoniste Vadim Tchijik.

 

Le Quatuor Adélys est en résidence au Théâtre Douze à Paris durant toute la saison 2012-2013 et propose une programmation unique et variée ou les arts se mêlent à la musique lors de chaque concert. Il travaille actuellement à la création de son nouveau spectacle avec François Castang. Les membres du Quatuor Adélys jouent sur des instruments modernes de Patrick Charton, Roger&Max Millant et Franck Ravatin.

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 12:53

 

 

Frédéric Bardon

 

 

 

Frédéric Bardon obtient au CNR de Bordeaux une médaille d’or ainsi que la médaille d’honneur de la ville, puis un Premier Prix mention « Très bien » à l’unanimité au Conservatoire National Supérieur de Lyon. Il poursuit sa formation aux Etats-Unis, à Dallas, avec E. Schmider et remporte le diplôme d’Artiste Certificate.

De retour en France, il conclut un cycle de perfectionnement au CNSM de Lyon. Il remporte le 4ème Prix du IIIème concours international de violon de Taipei (Taiwan).

François Bardon a étudié le violon auprès de grands maîtres tels que Tibor Varga, Yaîr Kleis, Igor Oistrakh et Boris Belkin.

Il se produit régulièrement en soliste avec des orchestres tels que le Taipei Symphony, l’Orchestre Symphonique de Lyon-Villeurbanne et l’Orchestre du CNSM de Lyon. Il effectue des master-classes à Taiwan. Il est, actuellement, violon-solo à l’Orchestre de l’Opéra National de Lyon.

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 12:50

 

C’est avec les célébrissimes Quatre saisons d’Antonio Vivaldi (version pour violon solo et quatuor à cordes) suivies du non moins célèbre quatuor Op 74 n°3 en sol mineur, Le cavalier, de Josef Haydn, que le festival de Pordic s’ouvre au riche territoire du quatuor à cordes. C’est l’auteur lui-même qui rédige les notes de programme ! Voici donc en version bilingue en italien et en français, les sonnets Sonetti Dimostrativi que Vivaldi aurait composé lui-même pour expliquer le programme de l’œuvre.

  

 

Concerto n°1

 

 

Concerto n°2 

Concerto n°3

 

 

Concerto n°4

 

 

 

Ph4 Vivaldi-Corelli

 

 

 Le portrait idéalisé d'Antonio Vivaldi (ou d'Arcangelo Corelli ?)  

Museo internazionale e biblioteca della musica, Bologne

 

 

 

 

Ph5 Portrait Vivaldi

 

   

Le seul portrait indubitablement authentique de Vivaldi

 

Caricature d'Antonio Vivaldi par Leone Ghezzi en 1723.

"Il Preto rosso, Compositore / di Musica che fece / L'opera a Capranica del 1723" 

 

 

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 12:45

 

Le Quatuor Adélys est composé de quatre jeunes femmes. Anne-Lise Durantel, violon, Gersende Mondani, violon, Julia Robert, alto et Clémence Ralincourt, violoncelle. Elles ont invité Frédéric Bardon, violon-solo de l’Orchestre de l’Opéra National de Lyon, à tenir la partie de violon soliste. Nous sommes donc dans une configuration qui rappelle celle qui prévalait à Venise à la création.

 

Le musicologue Laurence Dreyfus fait état de l'attrait des concertos de Vivaldi, et décrit les performances légendaires de l’orchestre exclusivement féminin de Vivaldi :

 

"Un voyageur anglais, Edward Wright, rapporte sa visite autour de 1720 :« Tous les dimanches et les jours fériés il ya un spectacle de musique dans les chapelles de ces hôpitaux, un concert de musique vocale et instrumentale interprété par les jeunes femmes de l'endroit, qui sont installées dans une galerie supérieure et qui sont, bien que non professes [c.-à-d. elles n’ont pas prononcé de vœux], dissimulées à la vue des personnes installées au rez-de-chaussée par un grillage métallique. La partie d'orgue, comme celles de tous les autres instruments, sont toutes tenues par les jeunes femmes. Elles ont un eunuque comme maître, et c’est lui qui écrit la musique pour elles. Leur interprétation est remarquablement bonne, et on trouve parmi elles de nombreuses voix excellentes. Et cela est d'autant plus attirant que leurs silhouettes sont cachées à la vue. " "La mention d'un eunuque comme maître des filles, bien qu’absurde au point d’être comique, révèle un élément souvent minimisé dans l'expérience des touristes qui viennent entendre de la musique à la Pietà. C'est, du moins la façon dont certains auditeurs étrangers percevaient l’événement ; ils n’y voyaient rien de moins qu'une sorte d’exposition dans un harem, avec tous les plaisirs interdits qui accompagnent de tels fantasmes, et cela était d'autant plus attirant », comme le dit Wright, « que leurs silhouettes étaient cachées à la vue ». Du point de vue de la hiérarchie et des autorités de la Pietà, bien sûr, la dissimulation des musiciennes derrière une grille était là pour «décourager la simple admiration visuelle des charmes féminins», selon les termes d’Eleanor Selfridge-Field1. En revanche, les autorités étaient impuissantes à dissuader les visiteurs de tirer leurs propres conclusions » (...).

"Je mentionne ces associations mondaines non pas pour dire que les jeunes femmes de la Pietà ou que la valeur marchande des concertos de Vivaldi jouent secrètement un rôle muet dans des concertos de Bach – personne n'a jamais songé à une telle association – mais plutôt pour dire que ces facteurs peuvent expliquer la popularité instantanée des œuvres de Vivaldi parmi les « consommateurs » et les « patrons-clients » de la musique comme le jeune employeur de Bach, le prince Johann Ernst de Saxe-Weimar. À tout le moins les textes liés à Venise et Vivaldi suggèrent que la réception du concerto vivaldien dans le nord de l'Europe n’est pas le fait d’esprits particulièrement élevés, mais plutôt qu’elle a profité des récits de voyageurs ayant eu l’occasion d'entendre ces œuvres dans leur lieu d'origine.

 

1 Eleanor Selfridge-Field, musicologue américaine de l’Université de Stanford

 

 

(Source : http://www.bach-cantatas.com/Books/Book-Patterns-Invention [Dreyfus]. htm ; traduction Brittany Mélodies)

 

 

 

Ph6 Filarmonici

 

"Concert donné dans la salle des Filarmonici" par les jeunes filles d'un ospedale,

par Gabriele Bella

(Venise, fondation Querini-Stampalia)

 

 

 

Antonio Vivaldi a surtout travaillé pour l'Ospedale della Pietà. Souvent dénommé « orphelinat », cet Ospedale était en fait une maison d’accueil pour les filles non reconnues ou bâtardes, résultats du badinage d’un père noble avec sa ou ses maîtresses. L'Ospedale était en fait fort bien doté par ces pères "anonymes"; le mobilier y frisait l’opulence, et les jeunes filles y recevaient une très bonne éducation, notamment musicale, qui les mettait au plus haut niveau à Venise. Bien des concertos de Vivaldi étaient en réalité des exercices où il jouait avec ses nombreuses élèves talentueuses.

 

Bien qu’elle ne représente pas l’Ospedale della Pietà où officiait Vivaldi, cette image montre le "salon de concert" intérieur d'un Ospedale typique de Venise au temps de Vivaldi. Notez le public raffiné et l’environnement somptueux, et les dames musiciennes jouant hors de portée, sinon hors de vue, des Gentilshommes dans le salon de musique. Vivaldi a fait une longue carrière à l'Ospedale sans, à ce qu’il dit lui-même, « le moindre scandale », ce qui semble avoir été un cas exceptionnel.

 

(Source : http://www.baroquemusic.org/bqxvivaldiosp.html)

 

 

 

Ph7 Filarmonici 2

 

"Concerto di dame al Casino dei Filarmonici" (1782),

par Francesco Guari

(Munich, Alte Pinakotek)

    

 

Guardi illustre un Concert de gala donné par les jeunes filles d’un ospedale (sans doute la Pietà, car les autres sont sur le point de fermer) dans la salle des Filarmonici, à Venise vers 1782. Comparé avec la toile (médiocre) de Bella qui date des années 1720, ce tableau (somptueux) de Guardi fait ressentir la décadence somptueuse et irrémédiable de la Cité des Doges, qui n’a plus que quinze ans à vivre.

 

Contrairement aux mots d'un grand poème, qui ont toutes sortes de significations et de possibilités particulières au-delà de celles qui dont le poète fait usage, les notes d'un morceau de musique en fin de compte, renvoient soit à elles-mêmes soit à d'autres musiques, elles ne sont pas corrompues par des références ou des connotations qui se situent à l'extérieur du son réel. La musique à programme prouve plus qu’elle ne contredit cette affirmation, puisque neuf fois sur dix, c'est la musique qui, au moyen de quelques sons vaguement mimétiques (des quintes jouées par les « cors de chasse », un grognement des contrebasses censé ressembler à un dragon, une marche dans une tonalité mineure comme synonyme de défaite etc d'une armée), confirme le programme plutôt que l'inverse.

E.W. Saïd : Le démiurge (Cosmic Ambition)

 

 

Mais il y a toujours quelque chose à découvrir en matière d’art… même dans celui d’une ville d’art aussi célèbre et aussi bien répertoriée que Venise. Voyez plutôt.

 

On vient de mettre au jour et d’identifier un tableau de Canaletto, qui prenait depuis des années la poussière dans les réserves du musée de Denver aux États-Unis. En 2000, un collectionneur local a légué au musée un tableau en piteux état, indiqué en provenance de l’« atelier de Canaletto ». Du coup, on l’a oublié dans les réserves où le conservateur Timothy Standring l’a découvert en 2007 lors d’un inventaire de routine. Le tableau lui a paru intéressant. Il l’a montré aux experts professionnels de passage en vue de recueillir leur avis. Après avoir hésité, il en montre des photos à Charles Beddington, un des experts mondiaux de Canaletto. Celui-ci passe à Denver en 2012 à l’occasion de ses vacances et vient voir le tableau. C’est un Canaletto authentique, bien sûr. Il le date de 1724, soit contemporain de la présence de Vivaldi à l’Ospedale della Pietà. Après avoir obtenu un budget (d’origine européenne) pour la restauration, le tableau a été remis en état et il a fait ses « débuts » au courant du mois de mars 2013. Les habitants de Denver sont contents : « leur » tableau vaut sûrement très cher. Le conservateur aura le mot de la fin : « Il faut toujours aller voir dans son grenier. On ne sait jamais ce qu’on va y trouver. »

 

(Source : Art museum's storage bin held a secret masterwork, March 30, 2013|By Jenny Deam, Los Angeles Times, adapté par Brittany Mélodies ; le texte original est accessible in fine

 

 

Ph8 Venise Saint Marc

 

"Venise : Le môle vu du Bassin de Saint-Marc" ("Molo from the Bacino di S. Marco")

le tableau de Giovanni Antonio dit Canaletto, après restauration

(Denver Art Museum)

 

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 12:40

 

Quatre mouvements. Allegro - Largo assai - Menuetto - Allegro con brio.

 

C’est en 1792 que Haydn entreprend d’écrire, semble-t-il à la demande de ses amis londoniens, une nouvelle série de quatuors à cordes. Il a alors soixante ans. Le genre n’est pas nouveau pour lui, et si, contrairement à ce qu’on dit trop souvent, il ne l’a pas  inventé, il l’a cependant normalisé d’une façon si fulgurante qu’elle restera un modèle jusqu’aux confins du vingtième siècle. Et puis, Mozart est mort l’année passée, et l’extraordinaire symbiose qui a résulté de l’amitié de ces deux hommes se lit à chaque ligne de cette série de quatuors. Haydn, sans rien perdre de son style propre, a assimilé le drame mozartien. C’est peut être dans la partie centrale en mi mineur du mouvement lent du présent quatuor que ce fait apparaît de la façon la plus évidente.

 

Le premier mouvement s’ouvre sur un motif à l’unisson qui est un de ceux qui ont donné son surnom à l’ouvrage. Après deux mesures d’un silence impressionnant, le premier thème s’élève, sautant d’un instrument à l’autre mais non dépourvu de gravité jusqu’au trait du violoncelle qui amène un second thème majeur plus joyeux. Le développement très dense va s’articuler autour des échanges de triolets entre les instruments. La réexposition va alors amener une coda détendue en sol majeur qui oblige à prendre ce mouvement avec un certain humour.

 

L’extraordinaire mouvement lent qui suit, court et d’une densité harmonique fabuleuse, est l’un des plus beaux que Haydn ait écrit. Cette vaste cantilène du premier violon évolue dans une paix sans mélange que vient juste effleurer le souffle mélancolique de la partie centrale en mi mineur qui revient bien vite au bonheur initial.

 

Le robuste menuet, gracieux et élégant, assure la stabilité classique de l’œuvre, cependant que Haydn s’offre la possibilité d’un trio plus sentimental en sol mineur mais qui va se dissoudre dans la reprise du menuet.

 

Enfin, Haydn ne pouvait terminer que sur un thème bondissant: énoncé immédiatement, celui-ci se déchaîne d’abord en sol mineur avant de se dériver joyeusement en si bémol majeur. le développement, hésitant parfois à aller franchement vers la détente ( en particulier lors de l’angoissante utilisation des silences avant la réexposition) va finalement amener son exposition en sol majeur, tonalité sur laquelle Haydn conclut son quatuor. Il est difficile alors de ne pas penser à ce qu’il avait dit un jour de lui même: “Dieu m’a fait avec un cœur joyeux pour que je Le chante joyeusement”.

 

(Source : http://www.proba.jussieu.fr/~mazliak/Haydn74.pdf)

 

 

Ph9 Edition originale Haydn

 

L'édition originale des quatuors de Josef Haydn

 

  

Parmi les six quatuors que Haydn a composés en 1793, le plus célèbre est le dernier, en sol mineur, dont le thème « plein d’allant » du finale lui a valu son surnom: « le Cavalier ». Cette fois, les premières mesures du quatuor sont encore plus profondément intégrées dans le corps principal du mouvement que dans l’op. 74 op. 2, même si Haydn prend soin de souligner leur caractère d’introduction en les faisant suivre d’un silence de près de trois mesures. On réentend non seulement le début lorsque l’exposition fait l’objet d’une reprise, ce qui n’était pas le cas dans l’op. 74 no 2, mais son matériel, avec ses acciaccaturas (notes «pincées» jouées presque en même temps que la note principale adjacente) caractéristiques, constitue le tremplin à la première moitié du développement central. Pour renforcer l’ambiguïté du geste initial de Haydn, le thème principal de ce mouvement se compose essentiellement d’une version accélérée de la forme mélodique de la quasi introduction, la contribution du violoncelle ne se limitant en grande partie qu’à une répétition des notes ré et mi bémol. Le point culminant du mouvement — les mesures qui précèdent immédiatement la réexposition — est formé d’un martèlement fortissimo des deux mêmes notes.

 

Le mouvement lent est écrit dans un mi majeur distant et éthéré, mais Haydn adoucit le coup en terminant le premier mouvement en sol majeur. La grande « trouvaille » de ce Largo assai est la soudaine explosion à la huitième mesure sur un accord totalement inattendu. À la reprise, Haydn parvient à surpasser ce moment en remplissant cet accord d’un rapide arpège de violon; et la seconde moitié du thème est elle aussi intensifiée grâce à un effet « trépidant » aux quatre instruments.

 

Tout comme le premier mouvement s’était terminé en majeur, Haydn place son menuet en sol majeur, réservant le mode mineur au trio — une inversion de leurs rôles escomptés. Le finale va aussi s’achever en majeur, bien que la syncope continue de sa coda ne fasse pas grand chose pour dissiper la tension de ce mouvement violent. Et l’importance renouvelée donnée aux notes ré et mi bémol n’est pas non plus une coïncidence — en particulier lorsque, comme dans le premier mouvement, elles sont projetées dans une explosion fortissimo au point culminant du développement.

 

(Source : extrait des notes rédigées par Misha Donat © 2011)

 

La partition est accessible en trois fichiers sur

 

http://javanese.imslp.info/files/imglnks/usimg/2/29/IMSLP02964-Haydn_-_String_Quartet_Op.74_No.3_-_I._Allegro.pdf

 

http://erato.uvt.nl/files/imglnks/usimg/b/be/IMSLP02965-Haydn_-_String_Quartet_Op.74_No.3_-_II._Largo__III._Menuetto.pdf

 

http://conquest.imslp.info/files/imglnks/usimg/c/c3/IMSLP02966-Haydn_-_String_Quartet_Op.74_No.3_-_IV._Finale.pdf

 

 

Deux anecdotes dans un goût un peu douteux. Sans être strictement du ressort de la presse « people », elles seraient à leur place à Londres au sein du musée de cire de Mme Tussaud.

 

Le secours de l’enfant prodige

 

«À l'automne de 1745, Josef Haydn eut le plaisir d'accueillir son frère Michael, son cadet de plus de cinq ans, en tant que collègue choriste au sein de la chorale de l'école, et de l'aider dans son travail. Michael fit de rapides progrès, alors qu’un nuage obscurcissait l’avenir de Josef. Sa voix commençait à muer, et l'impératrice, qui prenait auparavant un plaisir particulier à son chant, fit remarquer en plaisantant à son vice-maître de chapelle que le chant du jeune Haydn ressemblait plus au cri d'un coq qu’à quoi que ce soit d’autre. Reutter (le vice-maître de chapelle) saisit l'allusion, et lors de la fête de saint Léopold, le 15 novembre 1748, célébrée au monastère de Klosterneuburg, près de Vienne, il donna à chanter le «Salve Regina» à Michael, qui le chanta si bien et charma à la fois l’empereur et l'impératrice, au point de recevoir de leur part vingt-quatre ducats d'or.

Josef se trouva donc totalement supplanté par son frère. Sa voix avait perdu toute sa puissance, et il était sous l’emprise de la douleur et de l'anxiété. Au milieu de son trouble Reutter suggéra un moyen de peut être lui conserver, voire d’améliorer sa voix, en l’adressant à la chapelle de la cour, qui contenait au moins une douzaine de castrats. Le père de Haydn, cependant, ayant probablement entendu parler de la proposition, se rendit en toute hâte à Vienne et sauva son fils.

Si le papa de Haydn n’était pas arrivé à temps, «papa Haydn» aurait pu avoir un autre surnom.

 

Da Capo2: la tête manque à Haydn

 

Dans le cadre de la recherche de ces notes de programme, je suis tombé sur une curieuse histoire au sujet de la tête de Haydn. L'histoire, qu’on trouve dans le Grove’s Dictionary of Music and Musicians, commence en 1809 avec les funérailles de Haydn à Vienne occupée par les Français. "Le 15 Juin on donna le Requiem de Mozart en son honneur à la Schottenkirche. Parmi les assistants se trouvaient de nombreux officiers français de haut rang, et la garde d’honneur autour du catafalque était composée de soldats français et d’un détachement de la garde civique. Il fut enterré dans le cimetière Hundsturm, au-delà des lignes, à proximité du quartier où il vivait. En 1820 les restes de Haydn furent exhumés sur l’ordre du prince Esterhazy et solennellement réintégrés dans l'église paroissiale d’Eisenstadt le 7 novembre. Une simple pierre avec une inscription latine dans le mur au-dessus de la voûte informe les passants qu'ici repose un grand homme.

 

C'est un fait bien connu que lorsqu’on ouvrit le cercueil pour l'identification avant l'exhumation, le crâne était absent ; il avait été volé deux jours après les funérailles. Celle qui fut ensuite envoyée anonymement au prince comme étant celle de Haydn fut enterrée avec les autres restes, mais la tête véritable fut recélée, et fut par la suite léguée à la Gesellschaft der Musikfreunde (Société des Amis de la Musique) à Vienne. En 1932, le prince Esterhazy fit de grands efforts pour l'enterrer avec le corps de Haydn dans le mausolée qu'il avait érigée à la Bergkirche à Eisenstadt, mais il n’y réussit pas, et le crâne demeura à la Gesellschaft jusqu'en 1954, quand il fut enseveli à Eisenstadt le 6 Juin. "

 

On peut se demander où les Amis de la Musique cannibales cachèrent le crâne pendant tout ce temps, et ce que les Esterhazy firent de l'autre tête qui avait passé tant de temps avec le reste de Haydn?

 

Laissons maintenant ces histoires sans queue ni tête…

 

 

2 Da Capo :en musique depuis le début, littéralement depuis la tête (Capo =le chef)

 

 

(Source : http://www.fuguemasters.com/haydn.html)

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 12:00

 

du 24 au 31 août 2013

8ème Festival de Pordic

 

 

 

 

 

Vendredi 30 août 2013 | 17h00 | Centre Culturel Le Cap (Plérin)

Concert Pro-Bono (entrée gratuite)  

ENTRE BAROQUE & MODERNITÉ, LE ROMANTISME AU PIANO

Jeunes talents de Bretagne : Mathias Le Mézec, piano

 

Frédéric Chopin (1810-1849)

Prélude N°4 en mi mineur

Prélude N°15 en ré bémol majeur 

 

Robert Schumann (1810-1856)

Sonate Op.22 N°2 en sol mineur 

 

Franz Liszt (1811-1886)

Après une lecture de Dante (ou Mephisto Valse N°1) 

 

Claude Debussy (1862-1918)

2 Préludes : « La puerta del Vino », « Ondine »

 

     

 

6eFestPordic 25082011 (c)NathalieGiraud (37) 1

 

 Mathias Le Mézec au Festival de Pordic 201

 Lire son parcours ->

 

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 11:55

 

   6eFestPordic 25082011 (c)NathalieGiraud (32) MLeMézec r

 

 

 

 

Mathias Le Mézec commence le piano à l’âge de 14 ans et est admis deux ans plus tard au conservatoire de Saint-Brieuc dans la classe d’Anne Magadur-Haon, où il obtient son Diplôme d’Etudes musicales quatre ans plus tard. Il intègre ensuite le Conservatoire à Rayonnement Régional de Rennes et s’y perfectionne pendant deux années auprès d’Agnès Postec.  

 

Admis au Pôle Supérieur d’Enseignement du Spectacle Vivant Bretagne/Pays de la Loire depuis 2011, il prépare actuellement le DNSPM (Diplôme  National Supérieur de Professionnel Musicien) et y reçoit les enseignements  d’Agnès Postec et de la pianiste Vanessa Wagner. Il est également suivi lors de master-class par le pianiste et pédagogue Bruno Rigutto.

 

Enfin, ses études de philosophie menées conjointement le poussent vers la réalisation de projets mêlant musique et littérature au cours de concerts-lecture et de concerts-conférences.

 

 

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