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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 11:50

 

 

1. Allegro ma non Troppo

 

2. Andante

 

3. Menuetto Allegro Trio

 

4. Allegro moderato

 

 

 

Basé sur la musique d'un entracte de ballet que Schubert a composé avant, ou après on ne sait, nommé Rosamunde de décembre 1823 croit-on, ce quatuor est infiniment mélodieux. Ce matériau donnera le thème fondateur de l'andante. Ce n'est pas la seule citation de lui-même. Dans le menuetto, Schubert cite un lied composé cinq ans plus tôt sur un poème de Schiller « Les Dieux de la Grèce » (Die Götter Griechenlands).

 

Ce quatuor est le premier quatuor important achevé de Schubert. Il se termine par la lumière tendre du finale, qui résout l'atmosphère un peu inquiétante, comme un conte, des trois premiers mouvements.

 

Premier mouvement : La musique est ici éclosion, et le thème initial superbe cahote doucement porté par la mousse mélancolique des cordes. Contemporain de l'octuor et de la Belle Meunière, ce mouvement coule dans la ligne fluide des croches égales, comme une chanson au fil de l'eau. Après le premier thème douloureux et plaintif, le second s'affirme plus pathétique. Des effets dramatiques d'exposition établissent un certain malaise, et comme pour la Belle Meunière, le climat tourne doucement à l'angoisse.

 

Deuxième mouvement : Il repose sur le thème de la musique de scène de Rosamunde, princesse de Chypre, plus précisément de l'entracte après le 3ème acte. Et de toutes ces représentations avortées, de tous ces opéras mort-nés Schubert fait une guirlande de variations, une sorte de pavane obsédante. Dans l'épisode central, le climat se tend et la douce obsession laisse place à une tension agressive qui se désagrège sans continuité.

 

Troisième mouvement : Ici on retrouve le ton murmuré de la mineur du premier mouvement.  «Bel univers, où es-tu ?» est la référence du lied de Schiller de 1819 qui constitue la trame. La nostalgie des dieux disparus et surtout du paradis perdu imprègne le mouvement. Sorte de question répétée, reprise sans cesse, sur un paradis perdu, en allée on ne sait où, qui fait de ce mouvement une quête. Le violoncelle bourdonne toujours la même interrogation, et la consolation apparente ne peut empêcher dans le Menuetto la violence désespérée d'affleurer : Schubert connaît la réponse du néant. Le trio du menuet se lance dans une fausse joie populaire pour brouiller les traces, mais la mélancolie fait eau de toute part.

 

Quatrième mouvement : On bascule en tonalité optimiste de la majeur et Schubert veut rompre les sortilèges. Accents dramatiques, souvenirs des éléments précédents, relances des thèmes danses apparents. Tout va très bien dans ce bal final. Si bien ? Écoutez donc comme la nuit s'avance déjà avec des ombres portées dans les transitions, les tensions et surtout ces silences qui cassent l'allure générale du rondo final.

 

(Source : Gil Pressnitzer)  

 

 

 

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