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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 17:58

L'estampie et le bendir

  


 

 

L'estampie est une danse médiévale, attestée dèslle XIIème siècle. L'étymologie du terme est contestée et plusieurs pistes sont ouvertes, dont stampen en germanique (frapper du pied ou piler dans un mortier) et stampir en provençal (battre du pied).

 

Le bendir est un instrument ancestral qui résonne depuis la nuit des temps dans les régions de l'Atlas et des Aurès. Rudimentaire, il est simplement constitué d'une peau animale montée sur un cerclage en bois. Les meilleurs bendirs sont faits de l'épine dorsale d'une peau de chèvre, présentant l'avantage d'être très élastique et résistante. Cela permet d'obtenir des tensions de peaux très grandes et de le rendre très sonore. C'est un instrument qui ne comporte qu'une seule face de percussion. Particularité : la peau enrobe l'entièreté de la structure en bois. Un fil est cousu à l'arrière tout le long de la peau pour la maintenir et la serrer sur le cerclage. Elle est piquée en quelques points sur le cadre pour être fixée définitivement. La façon dont la peau est traitée (tannage, rasage, passage à la pierre d' alun …) donne une surface au dessin proche d'un sol lunaire. Certains bendirs sont décorés au henné.

Pour façonner les cerclages, on utilise le bois de micocoulier aux propriétés souples et flexibles. Les cerclages ont de 20 cm à 70 cm de diamètre. Les bendirs les plus courants sont de taille moyenne, autour de 45 cm. La profondeur du cadre varie entre 8 cm et 15 cm. Un trou est percé dans le cerclage, permettant au musicien de passer son pouce et ainsi de pouvoir tenir l'instrument d'une main. La main gauche tient le tambour (pour les droitiers) et le bout des doigts de cette main exerce de légères frappes ou des pressions sur la peau pour moduler le son. La main droite, quant à elle, module les frappes sur le centre de l'instrument et sur la « jante » (le bord de l'instrument). Les rythmes sont marqués par des frappes énergiques. D'où la grande différence avec ses cousins syriens, iraniens et turcs portant le même nom, mais dont la technique est principalement axée sur des roulements de doigts. Chacun développera la technique qui lui convient le mieux.

Les musiciens les plus experts feront tournoyer le bendir sur leur pouce tout en jouant un rythme. L'instrument peut faire un ou plusieurs tours sur lui-même de cette manière. Dans une formation à plusieurs bendirs, les musiciens peuvent synchroniser leur tournoiement ou l'exécuter de manière décalée. Le musicien sort du groupe et se met en avant de la scène pour effectuer « un solo ». Le rythme se ponctue alors de figures visuelles et les musiciens s'adonnent à un spectacle où ils adoptent différentes positions : à genoux, accroupis, en extension… On assiste à de véritables prouesses techniques mélangeant rythmes, danses et « jonglerie ».

Le bendir est léger et se joue dans la majeure partie des cas debout. Cela permet aux danseurs de s'accompagner d'une percussion. On trouve un peu partout dans le Maghreb des danses collectives où les participants se mettent côte à côte en s'accompagnant d'instruments, notamment le bendir.

Le bendir est aussi facilement transportable. De ce fait, il accompagne très souvent les musiciens ambulants qui se rattachent généralement à des confréries dont ils partagent les valeurs et jouent des rythmes spécifiques qui les identifient.

 

 

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