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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 18:26

Jean-Baptiste Lully (1632-1687)


 

Né dans un milieu modeste, mais très tôt au fait de la pratique musicale, Lully entre en 1646 au service de Mademoiselle de Montpensier, qu'il quitte à vingt ans pour la Musique du roi. S'affirmant d'abord comme baladin (Ballet de la nuit, 1653), il acquiert rapidement une double réputation de violoniste et de compositeur, est nommé surintendant et compositeur de la chambre (1661), crée la bande des Petits Violons (par opposition aux 24 Violons du roi), devient sujet français. C'est le début d'une carrière fulgurante, où la faveur royale et une fortune soigneusement gérée lui permettent de consacrer son intelligence et son énergie toujours en éveil à l'oeuvre de sa vie: l'élaboration de l'opéra français à partir des différents éléments existants: ballet de cour (oeuvre collective), pastorale et divertissement, comédie-ballet.

 

Lully collabore avec Molière pour le Mariage forcé, Monsieur de Pourceaugnac, les Amants magnifiques, Le Bourgeois Gentilhomme, L'Amour médecin, Georges Dandin, la Princesse d'Elide. En 1672, il se fait accorder par lettres patentes le privilège exclusif pour la fondation de l'"Académie royale de musique", privilège dont les détenteurs, Perrin et Cambert, étaient en faillite. Il signe un contrat avec Philippe Quinault: ce dernier devra fournir le texte d'un opéra par an. Enfin, dès la mort de Molière, il se fait attribuer la salle du Palais-Royal. Cadmus et Hermione, Alceste, Thésée, Atys, Isis, Bellérophon (avec Thomas Corneille et Fontenelle), Proserpine, le Triomphe de l'Amour (apparition des premières ballerines), Persée (à la machinerie remarquable), Phaëton, Amadis, Roland, Armide, Acis et Galatée (avec Campistron) jalonnent la période qui s'étend de 1673 à 1687. Lully meurt en pleine activité des suites d'un coup de canne malencontreux.

 

Comme les peintures de Le Brun ou les tragédies de Racine, l'opéra lulliste est d'abord un art de charme, d'élégance et de majesté, conçu pour plaire au roi. Le fondement en est le récitatif imité de "la comédie sur les tons de la Champmeslé" (Lecerf), ponctué par les airs, charpenté par l'ouverture à la française (lent-vif-lent), les symphonies de danses et les choeurs. Le charme flexible des airs (Lully en "laissait venir" plusieurs et retenait le meilleur), l'orchestre bien dessiné (opposition bois-tutti ou voix-instruments, option pour la flûte traversière) et la puissance des ensembles (passacailles finale avec choeurs) en sont caractéristiques. En tant que pédagogue, on doit à Lully la formation très poussée de la troupe de l'Opéra: chanteurs, danseurs, instrumentistes, dont la qualité se maintient encore de nos jours.

 

L'opéra lulliste, peu éloigné dans sa forme et dans son caractère de celui de Purcell, sera celui de Rameau et même de Glück, tandis que le principe de l'ouverture et celui de ses symphonies exerceront une grande influence sur l'évolution de la musique symphonique.

 

Le site http://sitelully.free.fr/ dont toutes ces notes proviennent, consacre de courts articles aux multiples facettes du personnage :

 

Le musicien : Guitariste, Violoniste, Claveciniste

Le chef d'orchestre

Le comédien

Le danseur

Le chorégraphe

Le chanteur

Le compositeur

Le parolier

Le metteur en scène

 

et, pour finir.... L'homme d'affaires, cité intégralement ci-dessous :

 

Lully menait de front ses diverses entreprises: l'Académie Royale de Musique, la création annuelle de ses opéras, quand ne s'y ajoutait pas la composition de ballets ou motets. La fonction de Surintendant de la Musique de la Chambre requérait des compétences tant administratives qu'artistiques. L'emploi englobe le recrutement des acteurs, chanteurs, danseurs, instrumentistes, l'écriture et le choix des ballets, divertissements, tragédies lyriques, musique de chambre, la présidence des répétitions, la direction des représentations.

 

Bourreau de travail, Lully dirigeait en outre l'opéra du Palais Royal à Paris. Est-il peut-être nécessaire de rappeler que l'opéra était à l'époque une entreprise privée, non subventionnée par l'Etat. S'étant fortement endetté pour racheter le privilège de l'opéra à Perrin, il réussit à obtenir la garantie que représentait le monopole absolu de toute représentation musicale de plus de deux chanteurs et deux musiciens dans le royaume. Il put ainsi rentabiliser son investissement périlleux, à l'abri de toute concurrence. Il accepta néanmoins quelques exceptions notamment au profit du théâtre de Pierre Gautier à Marseille, ou encore au profit de Molière, qui put jouer son "Malade Imaginaire" sur la musique de Marc-Antoine Charpentier, malgré de nombreuses restrictions.

 

En bon gestionnaire, il savait où étaient ses priorités: s'il payait largement ses collaborateurs, pour que ces derniers lui soient attachés, il pouvait cependant se montrer moins généreux pour les choses qu'il jugeait secondaires. Ses choix se sont avérés judicieux puisqu'il réussit à faire de cet opéra une affaire florissante, qui connut, après son décès, de nombreuses affres financières.

 

(Source : http://sitelully.free.fr)

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commentaires

Leonor 04/06/2012 17:16

Bonjour,
Est-il possible de connaitre els tarifs des concerts qui ont lieu lors du festival de Pordic 2012, svp ? Par avance, merci.