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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 13:23

 

 

À l'automne 1845, un projet de voyage en Italie fut abandonné devant l'hostilité de Maurice, le fils de George. La composition de la barcarolle, n'est sans doute pas étrangère à cette décision. Chopin avait déjà entrepris les premières ébauches à l'automne 1845, mais cette œuvre importante ne fut terminée qu'à l'été 1846. A l'origine, la barcarolle est le chant des gondoliers vénitiens. Ce n'est que plus tard, que le terme fut donné à des compositions musicales ayant ce rythme délicatement balancé, à 6/8 ou 12/8.

 

C'est une des œuvres, pour ne pas dire l'œuvre la plus moderne de Chopin sur le plan harmonique. La Barcarolle opus 60, est construite dans la forme des nocturnes, en trois parties. Le climat ensoleillé, la luminosité qu'il y règne, offre à cette composition une place tout à fait à part dans le catalogue Chopénien. La partie médiane, est l'élément proprement italien. La mélodie fluide, est doucement balancée de façon régulière. La construction de l'œuvre ne s'apparente pas du tout à celle d'une miniature et les audaces harmoniques sont tout à fait d'avant garde, même pour Chopin ! Malgré de nombreuses similitudes, tant au niveau du récit musical, qu'au niveau de la taille,  ou par la forme tripartite, la barcarolle ne présente pas les traits d'une ballade. Pas d'effet dramatique, pas de contraste saisissant, pas d'exploration dans les registres extrêmes du piano. C'est un bonheur teinté de nostalgie qui règne tout le long de l'œuvre.

 

La courte introduction de trois mesures nous plonge directement dans cet univers lumineux, interrompu soudainement par un silence... avant que la main gauche ne commence le balancement rythmique répété de la formule propre à la barcarolle. Dans l'épisode médian, le climat s'assombrit quelque peu. L'accompagnement de la main gauche change de formule, abandonnant le rythme syncopé de la barcarolle pour un mouvement plus régulier de pendule. La monotonie tendue de ce passage est rompue par le jaillissement d'arpèges et le brusque changement de tonalité. Répétée "forte" et harmoniquement plus dense, la mélodie prend un air menaçant et surprenant, bientôt adouci par le retour de la mélodie-barcarolle et la simplicité lumineuse du début de l'œuvre. Dans la dernière partie, Chopin ne se contente de reprendre la première, mais effectue plutôt une synthèse des deux thèmes principaux précédents, et dans la coda toute moderne, il nous laisse deviner ce que devait être son génie improvisateur, même si dans ce cas précis l'improvisation n'est pas de mise. Dans la dernière phrase, Chopin parvient à créer une palette de figures tout à fait originales à la main droite, tant par leur fraîcheur que par leur modernité.

 

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