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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 13:00

4ème Festival de Pordic
               25-30 août 2009


 

Dimanche 30 août 2009
20h30

                                
            Chapelle du Vaudic




Musique sacrée et baroque au temps de Louis XIV,
par l'Irish Chamber Choir of Paris,
direction Jean-Charles Léon

Marc-Antoine CHARPENTIER Salve Regina H.18
   
André CAMPRA Messe à quatre voix
"Ad Majorem Dei Gloriam"  (1699)
   
Pierre BOUTEILLER Motet Super flumina Babylonis
  Autres oeuvres en cours de programmation
   

 

 



L'Irish Chamber Choir of Parischœur de chambre du Centre Culturel Irlandais de Paris, a été créé en octobre 2004. Il a pour vocation de développer les échanges culturels entre l’Irlande et la France. Il regroupe des chanteuses amateurs de bon niveau sélectionnées sur audition, acceptant de s’engager dans un travail musical personnel et collectif rigoureux. L’ensemble ne comprend que des voix de femmes, formation rare qui a un répertoire de musique ancienne ou contemporaine important, mais fort peu exploité. Depuis septembre 2006, le chœur reçoit une formation vocale donnée par Martina Cuvereau-Niernhaussen.
L'ensemble propose
chaque année une programmation de concerts dont la qualité, en constante progression, est maintenant reconnue. Les programmes abordés sont essentiellement axés sur la musique de la renaissance et de la période baroque. Ils abordent également la musique contemporaine, en particulier la musique de la compositrice irlandaise Jane O'Leary. L’ensemble a vocation à participer à la vie du Centre Culturel Irlandais de Paris, et aux événements qui y sont organisés. Il se également se produit dans d’autres lieux. Il se veut un modèle de collaboration inter-culturelle.
En 2006, ll’Irish Chamber Choir of Paris a participé aux commémorations du centenaire de Samuel Beckett. A cette occasion, deux compositions contemporaines ont été commandées à des compositeurs français et irlandais : Dominique Probst et Jane O’Leary.

 

Festival de Pordic, août 2008 (photo Alain Faleur) 
 

 

Jean-Charles Léon, directeur artistique et chef de chœur créateur de l’Irish Chamber Choir of Paris, est professeur agrégé, musicologue, chercheur associé au Centre de Musique baroque de Versailles. Spécialiste des sources musicales de la période baroque, il propose, à travers ses nombreuses transcriptions et programmes de concert, des techniques de lectures novatrices exposées dans diverses revues musicologiques, lors de colloques ou de conférences. Il édite la musique des maître de musique méconnus de la période baroque dans la série Polyphonies sacrées qu’il dirige au Centre de Musique baroque de Versailles, et avec Christophe Corp et La Sinfonie d’Orphée, à Tours. Jean-Charles Léon édite l’intégrale de l’œuvre de Nicolas Formé, sous-maître de musique d’importance de Louis XIII dans une édition scientifique.

Chef de chœur, il crée l’Irish Chamber Choir of Paris au Centre Culturel Irlandais de Paris en 2004 avec lequel il fait de nombreux concerts. Il collabore avec des ensembles prestigieux (A Sei Voci, Maîtrise de Notre Dame) et le Lachrimæ Consort qu’il codirige avec son ami Philippe Foulon jusqu’en juillet 2006. En juin 2007, il est invité avec Philippe Foulon au colloque Vivaldi, Passo e futuro, organisé par la fondation Cini à Venise, ou ils présentent leurs recherches communes sur les instruments de musique disparus.

 

Prochains concerts de L'Irish Chamber Choir of Paris

4 juillet 2009 : Campra, Bouteiller, Charpentier, dans le cadre des Journées de l'Europe, spécial Irlande, Eglise Saint Martin d'Amilly (45)
1er et 2 octobre 2009 : Abraham Blondet, Nicolas Sorret, La Céciliade (1609), Paris, chapelle de la Salpétrière

16 décembre 2009 : Musique à la Cappella Giulia (autour de la Missa de Oliveria de Pietro Paolo Bencini),  Paris, Centre Culturel Irlandais

 

 


Marc-Antoine CHARPENTIER (1643-1704)                           -> biographie

 

Salve Regina H.18

 

x

 


André CAMPRA (1660-1744)

 

Messe à quatre voix "Ad Majorem Dei Gloriam" 

 

Fils d'un chirurgien, violoniste, organiste et compositeur, André Campra appartient assurément aux grandes figures musicales de la musique baroque française.

André Campra reçut sa première formation musicale de son père. Enfants de chœur à la maîtrise Saint Sauveur d’Aix en Provence, il reçut l’excellente formation musicale de Guillaume Poitevin. En 1678, il est ordonné prêtre. Son métier de maître de musique le fera voyager dans la France entière. En 1679, il est maître de chapelle à Toulon, mais en sera renvoyé car déjà il avait commencé des activités théâtrales. En 1681, il rejoint la maîtrise de Saint-Trophime à Arles et en 1683, la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse. Il sera ensuite, du 23 octobre au 10 décembre 1685, maître de musique des états du Languedoc à Montpellier. En 1694 enfin, il obtient le poste de maître de musique à Notre-Dame de Paris et publie, en 1695, son premier livre de motets.

A partir de 1697, il compose les grandes pièces qui feront sa renommée, l’Europe galante. En 1700, il demande un congé pour se consacrer à la composition de musique de théâtre, et crée, la même année, Hésione, et en 1702, Tancrède et en 1710, Les Fêtes vénitiennes. En 1722, il succède à Delalande à la Chapelle royale.



 

Pierre BOUTEILLER (1655/60-1717)

 

Motet Super flumina Babylonis

 

Pierre Bouteiller fait partie de ces nombreux maîtres de musique tombés dans l’oubli ; sa musique, dont on ne connaît maintenant plus qu'une messe des morts et treize motets, figure parmi les plus émouvantes de la fin du règne de Louis XIV.





Un curieux texte de Villiers de l'Isle-Adam, l'écrivain briochin (natif de Saint-Brieuc).


VILLIERS DE L’ISLE-ADAM

 

LE SECRET DE L'ANCIENNE MUSIQUE

A Monsieur Richard Wagner.

    

C'était jour d'audition à l'Académie nationale de Musique.

La mise à l'étude d'un ouvrage dû à certain compositeur allemand (dont le nom, désormais oublié, nous échappe, heureusement !) venait d'être décidée en haut lieu ; - et ce maître étranger, s'il fallait ajouter créance à divers memoranda publiés par la Revue des Deux Mondes, n'était rien moins que le fauteur d'une musique "nouvelle" !

Les exécutants de l'Opéra ne se trouvaient donc rassemblés aujourd'hui que dans le but de tirer, comme on dit, la chose au clair, en déchiffrant la partition du présomptueux novateur.

La minute était grave.

Le directeur apparut sur le théâtre et vint remettre au chef d'orchestre la volumineuse partition en litige. Celui-ci l'ouvrit, y jeta les yeux, tressaillit et déclara que l'ouvrage lui paraissait inexécutable à l'Académie de musique de Paris.

- Expliquez-vous, dit le directeur.

- Messieurs, reprit le chef d'orchestre, la France ne saurait prendre sur elle de tronquer, par une exécution défectueuse, la pensée d'un compositeur.... à quelque nation qu'il appartienne. - Or, dans les parties d'orchestre spécifiées par l'auteur, figure un instrument militaire aujourd'hui tombé en désuétude et qui n'a plus de représentant parmi nous ; cet instrument, qui fit les délices de nos pères, avait nom jadis : le Chapeau-chinois. Je conclus que la disparition radicale du Chapeau-chinois en France nous oblige à décliner, quoiqu'à regret, l'honneur de cette interprétation.

Ce discours avait plongé l'auditoire dans cet état que les physiologistes appellent l'état comateux. - Le Chapeau-chinois !!- Les plus anciens se souvenaient à peine de l'avoir entendu dans leur enfance. Mais il leur eût été difficile, aujourd'hui, de préciser même sa forme.- Tout à coup, une voix articula ces paroles inespérées « Permettez, je crois que j'en connais un". Toutes les têtes se retournèrent ; le chef d'orchestre se dressa d'un bond « Qui a parlé ? » Moi, les cymbales », répondit la voix.

L'instant d'après, les cymbales étaient sur la scène entourées, adulées et pressées de vives interrogations. Oui, continuaient-elles, je connais un vieux professeur de Chapeau-chinois, passé maître en son art, et je sais qu'il existe encore !

Ce ne fut qu'un cri. Les cymbales apparurent comme un sauveur Le chef d'orchestre embrassa son jeune séide (car les cymbales étaient jeunes encore). Les trombones attendris l'encourageaient de leurs sourires ; une contrebasse lui détacha un coup d'oeil envieux ; la caisse se frottait les mains  « Il ira loin! » grommelait-elle. Bref, en cet instant rapide, les cymbales connurent la gloire.

Séance tenante, une députation, qu'elles précédèrent, sortit de l'Opéra, se dirigeant vers les Batignolles,dans les profondeurs desquelles devait s'être retiré, loin du bruit, l'austère virtuose. On arriva.

S'enquérir du vieillard, gravir ses neuf étages, se suspendre à la patte pelée de sa sonnette et attendre,en soufflant, sur le palier, fut pour nos ambassadeurs l'affaire d'une seconde.

Soudain, tous se découvrirent : un homme d'aspect vénérable, au visage entouré de cheveux argentés qui tombaient en longues boucles sur ses épaules, une tête à la Béranger, un personnage de romance, se tenait debout sur le seuil et paraissait convier les visiteurs à pénétrer dans son sanctuaire.

C'était lui ! L'on entra.

La croisée, encadrée de plantes grimpantes, était ouverte sur le ciel, en ce moment empourpré des merveilles du couchant. Les sièges étaient rares : la couchette du professeur remplaça, pour les délégués de l'Opéra, ces ottomanes, ces poufs, qui, chez les musiciens modernes, abondent, hélas, trop souvent. Dans les angles s'ébauchaient de vieux chapeaux-chinois ; çà et là gisaient plusieurs albums dont les titres commandaient l'attention. C'était d'abord Un premier amour, mélodie pour chapeau-chinois seul, suivie de Variations brillantes sur le Choral de Luther, concerto pour trois chapeaux chinois. Puis septuor de chapeaux-chinois (grand unisson) intitulé : LE CALME. Puis une oeuvre de jeunesse (un peu entachée de romantisme) nocturne de jeunes Mauresques dans la campagne de Grenade, au plus fort de l'inquisition, grand boléro pour chapeau-chinois) enfin, l'oeuvre capitale du maître : Le Soir d'un beau jour, ouverture pour cent cinquante chapeaux-chinois.

Les cymbales, très émues, prirent la parole au nom de l'Académie nationale de Musique. « Ah! dit avec amertume le vieux maître, on se souvient de moi maintenant ? Je devrais... Mon pays avant tout. Messieurs, j'irai. Le trombone ayant insinué que la partie à jouer paraissait difficile. « Il n'importe,» dit le professeur en les tranquillisant d'un sourire. Et, leur tendant ses mains pâles, rompues aux difficultés d'un instrument ingrat :- « A demain, messieurs, huit heures, à l'Opéra. » Le lendemain, dans les couloirs, dans les galeries, dans le trou du souffleur inquiet, ce fut un émoi terrible la nouvelle s'était répandue. Tous les musiciens, assis devant leurs pupitres, attendaient, l'arme au poing. La partition de la Musique-nouvelle n'était plus, maintenant, que d'un intérêt secondaire. Tout à coup, la porte basse donna passage à l'homme d'autrefois : huit heures sonnaient! A l'aspect de ce représentant de l'ancienne-Musique, tous se levèrent, lui rendant hommage comme une sorte de postérité. Le patriarche portait sous son bras, couché dans un humble fourreau de serge, l'instrument des temps passés, qui prenait, de la sorte, les proportions d'un symbole. Traversant les intervalles des pupitres et trouvant, sans hésiter, son chemin, il alla s'asseoir sur sa chaise de jadis, à la gauche de la caisse. Ayant assuré un bonnet de lustrine noire sur sa tête et un abat-jour vert sur ses yeux, il démaillota le chapeau-chinois, et l'ouverture commença. Mais, aux premières mesures et dès le premier coup d'oeil jeté sur sa partie, la sérénité du vieux virtuose parut s'assombrir ; une sueur d'angoisse perla bientôt sur son front. Il se pencha, comme pour mieux lire et, les sourcils contractés, les yeux rivés au manuscrit qu'il feuilleta fiévreusement, à peine respirait-il !... Ce que lisait le vieillard était donc bien extraordinaire, pour qu'il se troublât de la sorte !...

En effet !... Le maître allemand, par une jalousie tudesque, s'était complu, avec une âpreté germaine, une malignité rancunière, à hérisser la partie du Chapeau-chinois de difficultés presque insurmontables ! Elles s'y succédaient, pressées ! ingénieuses ! soudaines. C'était un défi !– Qu'on juge : cette partie ne se composait, exclusivement, que de silences. Or, même pour les personnes qui ne sont pas du métier, qu'y a-t-il de plus difficile à exécuter que le silence pour le Chapeau-chinois ?... Et c'était un CRESCENDO de silences que devait exécuter le vieil artiste !

Il se roidit à cette vue ; un mouvement fiévreux lui échappa. Mais rien, dans son instrument, ne trahit les sentiments qui l'agitaient. Pas une clochette ne remua. Pas un grelot Pas un fifrelin ne bougea. On sentait qu'il le possédait à fond. C'était bien un maître, lui aussi !

Il joua. Sans broncher ! Avec une maîtrise, une sûreté, un brio, qui frappèrent d'admiration tout l'orchestre. Son exécution, toujours sobre, mais pleine de nuances, était d'un style si châtié, d'un rendu si pur, que, chose étrange ! il semblait, par moments, qu'on l'entendait !

Les bravos allaient éclater de toutes parts quand une fureur inspirée s'alluma dans l'âme classique du vieux virtuose. Les yeux pleins d'éclairs et agitant avec fracas son instrument vengeur qui sembla comme un démon suspendu sur l'orchestre :

- Messieurs, vociféra le digne professeur, j'y renonce ! Je n'y comprends rien. On n'écrit pas une ouverture pour un solo ! Je ne puis pas jouer ! c'est trop difficile. Je proteste ! au nom de M.Clapisson ! Il n'y a pas de mélodie là-dedans. C'est du charivari !

L'Art est perdu ! Nous tombons dans le vide. Et, foudroyé par son propre transport, il trébucha.

Dans sa chute, il creva la grosse caisse et y disparut comme s'évanouit une vision ! Hélas ! il emportait, en s'engouffrant ainsi dans les flancs profonds du monstre, le secret des charmes de l'ancienne-Musique.

 

Villiers de l’Isle-Adam est un écrivain post-romantique breton, auteur des Contes cruels dont ce texte est extrait. Excellent musicien, Villiers a beaucoup joué de piano et il a aussi beaucoup composé ; tout a disparu, à part « la Mort des amants » une mélodie sur un poème de Baudelaire. Le secret des charmes de la musique de Villiers a été emporté, lui aussi …

 




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