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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 12:33
plutôt que d'écrire une notice sur Dvorak, je préfère republier la notice que E. Grieg a fait paraître à la mort de Dvorak. au moins c'est quelqu'un qui... connaissait la musique.

 

Edvard Grieg (le musicien de Peer Gynt) admirait Dvořák.

J'ai reçu une lettre pleine de tristesse de Prague ; Antonín Dvořák est mort. […]

Comment était Dvořák en tant qu'être humain ? Eh bien, sur cela je peux à peine émettre un jugement. Je le rencontrai pour la première fois il y a six ou huit années à Vienne. Un soir que je devais me produire en concert, il entra dans la pièce verte où je faisais nerveusement les cent pas avant le concert. En fait la pièce était un large couloir où beaucoup de musiciens s'agitaient. Quand j'appris que l'un d'eux était Dvořák, je m'emplis de joie et me précipitais pour le saluer. Mais je fus immédiatement stoppé dans mon élan. Il était sec, buté et laconique. Je renonçais à comprendre son attitude et en fis part à son ami Brahms le lendemain. « Ne vous tracassez pas », me dit Brahms, « C'est habituel chez lui. Il est bizarre, mais son cœur est au bon endroit ».

Par chance j'eus l'occasion de le vérifier par moi-même l'an passé. Je pus le connaître mieux par sa fille, qui a chanté mes Romances à un concert à Prague. Durant le concert et ensuite dans la maison de Dvořák, je pus le connaître comme un étant un homme excentrique, charmant, franc et aimable. Il y avait quelque chose de profond et de fougueux dans son être, qui pouvait froisser ceux qui ne le connaissent pas. Cette impression disparut rapidement, et je suis heureux que ma dernière impression de lui soit celle d'un homme qui prêtait simplement autant d'attention aux relations humaines qu'aux choses musicales.



le texte intégral de l'article
d’Edvard Grieg paru le 13 mai 1904 dans Verdens Gang (journal d’Oslo) figure sur
le site consacré à Edvard Grieg http://www.troldhaugen.com/nekrolog_e.htm (Traduction et commentaires Alain Chotil-Fani, mai 2004)

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commentaires

unevilleunpoeme 13/02/2009 10:45

Ne vous tracassez pas Brahms, après aimez-vous Brahms !