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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 17:38

1. Samedi 23 août 2008 à la Ville Robert

dernière mise à jour le 3 août 2008
« Piano en voyage à travers le temps »
Rachmaninov : concerto n° 2 (réduction pour deux pianos établie par le compositeur) 

E.F. Lühl : concerto n°1 LWV 110 (création) (réduction pour deux pianos du concerto LWV 52) 

E.F. Lühl : musiques de film arrangées pour deux pianos

Enguerrand-Friedrich Lühl, Mahery Andrianaivoravelona, pianos

Pour vous faire une idée de la musique d'Enguerrand-Friedrich Lühl, vous pouvez voir un reportage de  6 minutes 30 de France 3
Bourgogne Franche-Comté sur le concert du 27 juillet 2007 à la Basilique de Vézelay, dans le cadre du Tricentenaire de la mort de Vauban (1707-2007), avec le REQUIEM VAUBAN, oeuvre du compositeur Enguerrand-Friedrich Lühl. Avec la Camerata de Bourgogne, sous la direction de Pierre Cao. Choeurs Internationaux du Festival Musique en Morvan (direction Pierre Corneloup). Soprano : Yaroslava Dautry-Sheveyaga Réalisation : France 3 Bourgogne Franche-Comté en utilisant le lien suivant :
http://www.dailymotion.com/video/x4w43b_07requiem-vauban-basilique-de-vezel_music
On peut également entendre et voir trois extraits de la création du Requiem de E.F. Lühl à la mémoire du maréchal de Vauban LWV 61 en la cathédrale Saint-Louis des Invalides à Paris : ils sont accessibles sur
www.dailymotion.com en tapant dans la fenêtre « rechercher » requiem vauban.

 
ENGUERRAND-FRIEDRICH LÜHL DOLGORUKIY, pianiste- compositeur- chef d’orchestre

Né à Paris en 1975. Après avoir terminé brillamment ses études de piano à la Schola Cantorum, Lühl complète sa formation en entrant à 15 ans au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Trois ans après, il obtient un Premier Prix de piano à l’unanimité. Parallèlement à son cursus de piano, il suit des cours d’analyse musicale, de jazz, de musique de chambre, de direction d’orchestre, d’harmonie et de contrepoint avec une passion grandissante. Après ses études, il entre dans le monde charismatique du Concours International et s’y consacre pleinement. Dès 1998, il devient lauréat de plusieurs concours, dont notamment Rome, Pontoise et le Tournoi International de musique. Depuis, il fréquente les grandes scènes d’Europe (récitals, musique de chambre, avec orchestre). La presse le qualifie unanimement de concertiste international.
Il travaille depuis des années l’intégrale des oeuvres du compositeur russe Alexandre Scriabine. S’étant déjà produit en récital avec les préludes, les études et le concerto, il entreprend actuellement l’étude des poèmes. Il travaille depuis 2005 pour le compositeur américain John Williams, pour lequel il transcrit les partitions de ses plus grands thèmes de musique de films pour piano seul et deux pianos. Il a enregistré en 2003 le CD « John Williams au piano vol. I » avec ses propres arrangements des plus grands thèmes d’Hollywood pour piano seul. Un deuxième volume vient d’être enregistré avec les plus grands thèmes de Star Wars pour deux pianos.
Son catalogue de compositeur est considérable : cinq symphonies, un concerto pour piano, environ 120 pièces pour piano seul, des orchestrations et réductions, une musique de film... Son opéra « Unvergessen » (« Inoubliable ») en trois actes sur un drame historique a été crée en janvier 2004 à Bolzano (10 représentations). L’Association Vauban lui a commandé une série d’œuvres commémoratives pour célébrer l’année des 300 ans de la mort du Maréchal en 2007 : un Requiem « in memoriam Vauban »,  le poème symphonique « La Chamade » sur l’ouvrage « Traité d’attaque des places en douze temps », essai stratégique du Maréchal, une symphonie de chambre pour orchestre à cordes, un quatuor à cordes, illustrant des lettres originales de Vauban, une « Suite Royale » pour corde ou flûte seule.
Il travaille en collaboration avec les éditions phonographiques POLYMNIE pour l’intégrale de l’enregistrement de ses œuvres. Sont déjà disponibles ses quatre premiers quatuors à cordes, et le ‘Requiem Vauban’. D’autres albums sont en préparation. Il travaille en collaboration avec les éditions musicales ARMIANE à Versailles.
Lühl-Dolgorukiy est un artiste complet. Grand amateur d’Art Nouveau, de peinture impressionniste et d’architecture de la Renaissance italienne, il est également l’auteur de nombreuses œuvres littéraires en trois langues dans les thématiques les plus diverses (essais, romans à caractère historique, philosophique, futuriste ou dramatique, recueils de poésies, ouvrages scientifiques musicologiques, nouvelles…).
 
MAHERY ANDRIANAIVORAVELONA, pianiste
  
 Après des études de piano aux C.N.R. de Rueil-Malmaison et de Boulogne-Billancourt, Mahery Andrianaivoravelona entre au CNSM de Paris en 1991 (piano avec Michel Béroff et Denis Pascal, musique de chambre avec J. Mouillère et Jean-Philippe Audoli).  Il obtient en 1995 le Diplôme de Formation Supérieure du CNSM de Paris, ainsi que les attestations d'histoire du jazz, d'acoustique, de déchiffrage et d'analyse. Premier Prix au Concours du Royaume de la Musique, au Concours Claude Kahn ou Concours de Saint-Nom La Bretèche. Il s'est produit pour la première fois avec orchestre à l'âge de 13 ans en interprétant le 9ème Concerto K271 "Jeune homme" de Mozart, et est depuis régulièrement invité en France, en Allemagne (Hattersheim), en Italie (Rome), en Tunisie (Hammamet) à La Réunion, et dernièrement à Madagascar, à l'occasion de divers festivals, congrès médicaux et pour des œuvres caritatives (concerts au profit des victimes du cyclone Geralda à Antananarivo, éditions 2002 et 2003 du Téléthon avec le COUPS, Chœur et Orchestre de l'Université Paris-Sorbonne et à l'église St-Merry).  Il a enfin participé à une des dernières Master Classes de György SEBOK, à l'Académie Internationale de Barèges (Pyrénées). Depuis 2004, il forme un duo avec Enguerrand-Friedrich Lühl. Ils préparent une série de concerts autour des plus belles pages d’Hollywood, notamment avec « l’intégrale Star Wars » pour deux pianos. Parallèlement à son activité de concertiste, Mahery enseigne le piano au Conservatoire Municipal de Villetaneuse et mène une action pédagogique soutenue à Madagascar au travers d'ateliers, de Master Classes, de concerts et de jury de concours.  Il travaille étroitement avec le pianiste et chef d’orchestre Philippe Barbey-Lallia à l’enregistrement de l’intégrale des pièces pour piano de Lühl aux éditions phonographiques POLYMNIE (distribution Intégral - 9 CDs), dont les deux premiers volumes sont prévus pour une sortie en 2009.

 Rachmaninov : Concerto pour piano et orchestre n°2 op. 18

Le 15 mars 1897, Rachmaninov venait d’essuyer le plus grand échec de sa carrière auprès du public de Saint-Pétersbourg avec la création de sa première symphonie op. 13 en ré mineur. Assis sur les barreaux de fer d’un escalier de secours aboutissant à l’amphithéâtre de la Salle de la Noblesse, il vécut l’heure la plus douloureuse de sa vie. Pour lui, les dissonances inaudibles le déchiraient et transformèrent chaque mesure en marche au supplice.
Rachmaninov n’était pas un artiste révolutionnaire, pas un Scriabine aux visions philosophico-transcendantales en quête de l’absolu, pas un Taneïev allant se réfugier dans son laboratoire personnel de sons, ni un Moussorgski prêt à se faire brûler sur le bûcher  pour ses idéaux. Rachmaninov  était un être simple, qualité qui lui rendit bien des années plus tard la célébrité qu’il mérite. Pendant plusieurs mois, il n’écrivit plus une seule note. Ce trouble cérébral lui fit perdre tout faculté créatrice et il sombra peu à peu dans l’alcoolisme profond. Jeune, il se différencia totalement du Rachmaninov que l’on connut plus tard : passionné, s’emballant vite, sentimental et affectueux jusqu’au bout des ongles, il avait vite pris l’habitude de ses premiers succès. La création de cette symphonie allait changer son tempérament à jamais.
Les amis de Serge pensaient que s’il arrivait à rencontrer Tolstoï, celui-ci pourrait lui venir en aide, la dépression détériorant rapidement son état de santé. La princesse Alexandra Liévin, amie intime de Serge, écrivit au grand écrivain : « Ce garçon est en train de s’effondrer. Il a perdu tout confiance en lui. Tâchez de le remonter. »  Mais même quelqu’un comme Tolstoï ne réussit pas à «  remonter » le moral de ce jeune artiste, proche du suicide. Ce fut Alexandre Siloti, également pianiste et chef d’orchestre, qui accourut (une fois de plus !) au secours de son cousin. En même temps qu’il acceptait de faire vivre Serge pendant deux ans afin de lui permettre de se consacrer entièrement à la composition, ses cousines, les sœurs Satin, finirent par le décider à consulter le Dr Nicolaï Dahl. C’était un psychiatre qui s’était spécialisé dans la désintoxication des alcooliques au moyen de l’hypnotisme. Le Dr. Dahl était aussi un fervent de musique. Il jouait fort bien du violon et organisait chez lui des soirées de musique de chambre. De janvier à avril 1900, Rachmaninov se rendit tous les jours chez le Dr. Dahl où, d’après lui, il demeurait à demi endormi dans un fauteuil tandis que le médecin répétait, pour le suggestionner, la formule : « Vous allez vous mettre à écrire votre concerto […] Vous travaillerez sans aucune peine […] Le concerto sera excellent […] »   On ne sait si Dahl essaya autre chose que d’affermir chez Rachmaninov la confiance en lui et d’en relever le moral car Rachmaninov resta extrêmement discret à propos de ces années de sa vie et très peu de documents nous livrent un aperçu concret sur son quotidien dans les années 1897-1900. Quoiqu’il en soit, le traitement du Dr. Dahl sembla avoir été miraculeusement profitable aux dons créateurs de l’artiste qui, de son côté, s’engagea dans une voie nouvelle et plus heureuse. Rachmaninov cessa de boire et pendant le reste de sa vie, c’est à peine s’il avala jamais un peu d’alcool. Le 2 décembre 1900, au cours d’une représentation de bienfaisance que le Comité pour le Soulagement des Souffrances des Prisonniers avait organisée et donnée à la salle de la Noblesse, à Moscou – la princesse Liévin et Mme Satin, la tante de Serge, faisaient partie du Comité – il joua les deux derniers mouvements de son concerto avec Siloti au pupitre. Encouragé par ce premier succès depuis sa malheureuse symphonie, Serge compléta le concerto en y ajoutant le premier mouvement et il le joua en entier l’année suivante, le 27 octobre 1901, au cours d’un concert donné par la Philharmonique de Moscou. C’était la première audition de l’une des œuvres les plus populaires de la littérature pianistique. Serge se remit à écrire, son histoire reprit vie.  La version présentée ici est une réduction originale de la partie d’orchestre adaptée par l’auteur.  On notera que mardi 26 août, Yedam Kim interprétera les Variations sur un thème de Corelli, du même Serge Rachmaninov; une oeuvre plus tardive et toute différente, en apparence (voir à la date du 26 août). Ce deuxième concerto de Rachmaninov a été très utilsé par le cinéma, notamment dans "Nous nous sommes tant aimés" un film américain (1946) de Frank Borzage et dans "Partir revenir" (1984) de Claude Lelouch, avec Annie Girardot, Jean-Louis Trintignant, Richard Anconina, Françoise Fabian, etc. Selon Claude Lelouch lui-même, "Partir, revenir" est dans une très large mesure agencé autour du concerto n°2 de Rachmaninov, auquel Michel Legrand a rajouté un quatrième mouvement (sic!). Lelouch justifie son choix par la concordance entre cette musique et la période historique décrite dans le film : "cette oeuvre, composée par Rachmaninov à la suite d'une dépression nerveuse, correspondait exactement à ces années 1943-45 qui ont été, d'une certaine façon, la plus grande dépression nerveuse collective de tous les temps."
Le concerto peut aussi être entendu dans de nombreux autres films parmi lesquels "Sept Ans de réflexion", où Marilyn Monroe dit: « Chaque fois que je l'entends, j'éclate en morceaux!... Ça me secoue ! Ça me fait trembler ! Ça me donne la chair de poule ! Je ne sais plus où je suis, ni qui je suis, ni ce que je fais! »


Lühl : Concerto pour deux pianos en fa mineur LWV 110

Aucune trace littéraire ou épistolaire n’a pu être trouvée pour tenter d’entrer dans les traces du procédé de composition du premier concerto en fa mineur de Lühl. Le compositeur est toujours resté très discret quant à sa méthode de travail, ce qui ne facilite pas la tâche des musicologues désireux d’analyser ses œuvres. Cependant, quelques informations sont révélées dans la partition. Il n’existe pas d’ordre dans la composition des mouvements d’un concerto, l’artiste ne commence pas systématiquement par le premier mouvement pour terminer par le final. Ainsi, Rachmaninov avait, en 1900, composé les deux derniers mouvements de son deuxième concerto avant de commencer le premier. Chez Lühl, ce schéma se reproduit ; en effet, il commença par le deuxième mouvement entre le 18 et le 24 novembre 1998. Le mouvement aurait originairement été composé pour un concours de composition,  dont le nom reste inconnu, mais le compositeur n’avait pas l’intention de se limiter à une seule pièce isolée pour piano et orchestre, destinée à un concours auquel la chance de récolter une récompense aurait été très infime. Il pensait déjà à une œuvre plus ambitieuse, libre des jugements d’un jury et des critiques par rapport à son style « anachronique » pour un compositeur dit « contemporain ». Du 15 au 22 août 1999, il compose le premier mouvement et quelques mois plus tard, il complète son premier concerto pour piano et orchestre en fa mineur, portant le numéro 52 dans son catalogue d’œuvres avec le final enjoué entre le 14 et le 19 décembre de la même année.
Lühl a peu écrit sur commande ; comme Rachmaninov, il a toujours suivi son instinct d’artiste et fait fi des modes et coutumes, faisant uniquement confiance à sa maîtrise de l’écriture et à la recherche constante d’une unité de style et de qualité dans son œuvre. En effet, son travail exacerbé sur la recherche de l’unité de style se fait aussi sentir ici au travers des trois mouvements de ce concerto, malgré les mois qui séparent leur composition. Comme pour le deuxième concerto de Rachmaninov, les mouvements s’enchaînent naturellement, tout s’enlace de manière extrêmement fluide et harmonieuse et dans une grande majesté.
La version présentée ici est une adaptation de l’auteur de la version originale avec orchestre, portant dans son catalogue d’œuvres le numéro 110. Cependant, contrairement aux transcriptions classiques d’oeuvres pour soliste et orchestre, Lühl étoffe également la partie soliste en y ajoutant aux moments de pause des parties de l’orchestre pour compléter l’appareil musical du deuxième piano, réducteur officiel de la partie d’orchestre. Ainsi, les deux instruments fonctionnent en continu et le rôle du soliste s’efface par moments au profit d’une masse musicale commune aux deux instruments.
Sur le manuscrit, Lühl avait déjà écrit à l’époque « Klavierkonzert Nr. 1 », prévoyant un deuxième concerto dans un futur proche. Un deuxième concerto est effectivement en préparation, mais, compte tenu de l’emploi du temps de l’artiste, la création sur scène risque de se prolonger encore quelques années.

© Samuel Azenkat, droits réservés

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