Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 19:00

 

 

Brittany Mélodies : 2002-2012

10 ans de musique classique à Pordic

 

 

7ème Festival de Pordic

du 21 au 26 août 2012 

 

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Les renseignements pratiques ->

 

Les précédentes éditions 2011 - 2010 - 2009 - 2008

  

 


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:55

 

 

Brittany Mélodies : 2002-2012

10 ans de musique classique à Pordic

 

 

7ème Festival de Pordic

du 21 au 26 août 2012 

 

 

 

Du 21 au 26 août 2012, le Septième Festival de Pordic fêtera à la fois l’anniversaire des dix ans écoulés depuis le premier concert de Brittany Mélodies en cette chapelle du Vaudic au cours de l’été 2002, et l’admission, en 2012, du Festival de Pordic au sein de la FFMCB (Fédération des Festivals de Musique Classique en Bretagne). Les principes fondateurs seront restés les mêmes : combiner modestie des moyens et exigence des programmations, dans l’ambition de partager la musique la plus haute avec toutes celles et tous ceux qui voudront lui prêter l’oreille. La rigueur de l’expression musicale — il n’y a aucune musique amplifiée — se combine avec la rusticité de la communication (vous avez dit stratégie marketing ? nous avons compris tracter sur les marchés hebdomadaires ...) et la bonhomie de l’accueil — merci aux bénévoles !

 

Le concert inaugural du festival, L'alto ou la voix intérieure — Bach, transcriptions et modernité, est à l’image de ce fil fragile tendu entre le passé et l’avenir : une instrumentation modeste (un alto solo) au service d’une programmation exigeante, qui tend à rejoindre le baroque et la musique du XXème siècle. Ce concert inaugural est aussi une « ouverture », au sens des opéras du XIXème siècle. Il résume l’histoire de ces six jours de festival, de ces six jours de musique. Il ouvre, en effet, les trois concerts baroques à la chapelle du Vaudic, où l’acoustique est exemplaire.

 


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:50

Brittany Mélodies :

2002-2012, 10 ans de musique classique à Pordic

 

7ème Festival de Pordic

du 21 au 26 août 2012 

 

 

 

CONCERT D’OUVERTURE

MARDI 21 AOUT | 20h30 | Chapelle du Vaudic

L'alto ou la voix intérieure — Bach, transcription et modernité

par Adrien Boisseau, alto

 

Johann Sebastian Bach (1685−1750)

Suite pour violoncelle seul N°4 BWV 1010 en mi bémol majeur (1723) (transcription pour alto)

 

Paul Hindemith (1895−1963)

Sonate Op.11 N°5 pour alto solo (1919)

Quatre mouvements : 1. Lebhaft, aber nicht geeilt – 2. Mäßig schnell, mit viel Wärme vorgetragen − 3. Scherzo. Schnell − 4. In Form und Zeitmaß einer Passacaglia

 

Johann Sebastian Bach (1685−1750) / Zoltán Kodály (1882−1967)

Fantaisie Chromatique en ré mineur (arrangement pour alto seul par Zoltán Kodály de la Fantaisie Chromatique BWV 903, sans la Fugue, 1951)

 

J.S. Bach fonde, au début du XVIIIème siècle, une littérature [pour violon seul et] pour violoncelle seul visionnaire. Celle-ci attendra le XXème siècle pour fleurir, grâce à un interprète de génie, Pau Casals, qui donnera aux compositeurs (Britten, Cassado, Ligeti, Kodaly, etc.) l’idée d’écrire eux aussi pour cordes solistes. Prophétique au plan harmonique (la Fantaisie Chromatique BWV 903 est une de ses œuvres les plus audacieuses) Bach tisse la musique moderne de références classiques : Hindemith clôt sa sonate pour alto (1919) par une Passacaille qui rend un hommage discret à Bach, et Zoltán Kodály s’approprie carrément la Fantaisie Chromatique BWV 903 pour clavier qu’il transcrit pour alto avec audace et ferveur(1951).

-> détails et notes de programme  

 

 

MERCREDI 22 AOUT | 20H30 | Chapelle du Vaudic

Jean-Baptiste Lully à Versailles, Louis XIV et le Baroque sacré

par l’Irish Chamber Choir of Paris, chœur féminin dirigé par Jean-Charles Léon

 

Artus Aux-Cousteaux (1590 ? −1656)

Messe ad imitationem moduli Grata sum harmonia (1647)

 

Jean-Baptiste Lully (1632−1687)

Petits motets (programmation en cours)

 

Le baroque français contribuera à structurer le baroque européen (voyez l’ouverture à la française de J.S. Bach, avec ses danses bien françaises, Courante, Gavotte, Passepied, Sarabande, Bourée (sic), Gigue etc… ).

-> détails et notes de programme

 

 

JEUDI 23 AOUT |20h30 | Chapelle du Vaudic

Le luth baroque, promenade en Europe

par Mauricio Buraglia, luth baroque

 

Charles Mouton (1617−1699 ?)

Pièces dans le ton de la chèvre (fa# min)

 

Jaques Gallot (? −1690 ?)

Le « vieux Gallot de Paris », Pièces en fa# mineur

 

Sylvius Leopold Weiss(1687−1750)

Suite en la majeur du manuscrit de Dresde

 

Mauricio Buraglia nous fera découvrir l’art du luth, un art de cour par excellence, en nous menant de la France de Louis XIV, qui était un bon joueur de luth lui-même, jusqu’à l’Allemagne du XVIIIème siècle, dans la Prusse de S.L. Weiss, l’ami de J.S. Bach.

-> détails et notes de programme

 

 

VENDREDI 24 AOUT | 20h30 | Centre Culturel de la Ville Robert

Clarinette et piano, ou le vent du romantisme

par Pierre Génisson, clarinette et François Dumont, piano

 

Jean Françaix (1912−1997)

Tema con variazioni (1974)

 

Johannes Brahms (1833−1897)

Sonate Op.120 N°2 en mi bémol majeur (1894)

 

Gioacchino Rossini (1792−1868)

Introduction, thème et variations (1809)

 

Carl Maria von Weber (1786−1826)

Concerto N°1 Op.73 (1811) (version avec piano)

 

Le concert retracera, en quelque sorte à rebours, l’histoire de la clarinette, de la période contemporaine (le festival de Pordic fête le centenaire de Jean Françaix, né en 1912) jusqu’à son aube au début du XIXème (G. Rossini, C.M. von Weber) en passant par la Deuxième sonate de Brahms.

-> détails et notes de programme

 

 

SAMEDI 25 AOUT | 20h30 | Centre Culturel de la Ville Robert

Autour de Moussorgski, le modeste

par Enguerrand-Friedrich Lühl-Dolgorukiy et Mahéry Andrianaivoravelona, pianos

 

Enguerrand-Friedrich Lühl-Dolgorukiy

Ouverture académique et fugue LWV 182 (création)

 

Enguerrand-Friedrich Lühl-Dolgorukiy

Rondo pour 2 pianos LWV 94

 

Modeste Moussorgski (1839−1881) / E-F. Lühl

Une larme LWV 164(version pour deux pianos arrangée par E-F. Lühl)

 

Modeste Moussorgski (1839−1881) / E-F. Lühl

Une nuit sur le mont chauve LWV 169 (version pour deux pianos arrangée par E-F. Lühl)

Voix souterraines, apparition des esprits des ténèbres puis de Chernobog – Adoration de Chernobog – Sabbat des sorcières – Sonnerie de la cloche du village et évanouissement des apparitions – Aube naissante.

 

Modeste Moussorgski (1839−1881) / E-F. Lühl

Tableaux d'une exposition LWV 168 (version pour deux pianos arrangée par E-F. Lühl)

 

Modeste Petrovitch Moussorgski, ce « pauvre grand homme » aux dires de Claude Debussy, sera à l’honneur. Avant de rendre hommage à cette musique venue d’ailleurs, et pourtant si familière, E. F. Lühl nous offre la création d’une œuvre qui retend à sa manière le fil de l’héritage baroque.

-> détails et notes de programme

 

 

DIMANCHE 26 AOUT | 20h30 | Centre Culturel de la Ville Robert

Deux pianos pour dire le monde

par Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès, pianos

 

Robert Schumann (1810−1856)

Six études en canon Op.56 (transcription pour deux pianos de Claude Debussy)

 

Wolfgang Amadeus Mozart (1756−1791)

Sonate pour deux pianos KV 448 (1781)

 

Johann Sebastian Bach (1685−1750)

Contrepoint XIV (Art de la Fugue), (arrangement pour deux pianos de W. Frey)

 

Ferruccio Busoni (1866−1924)

Fantasia Contrappuntistica (1910) (version pour deux pianos)

 

Après les Etudes Op 56 de Robert Schumann, transcrites par Debussy, vision de l’héritage classique où transparaît l’amour de Bach, la lumineuse Sonate pour deux pianos K.448 de Mozart nous prouvera que la musique c’est plus que la musique. Enfin, la boucle se refermera sur Bach et la modernité avec le Contrepoint XIV de l’Art de la Fugue, vis-à-vis de la monumentale Fantasia Contrappuntistica (1910) de Busoni, à la fois hommage et tentative de couronnement de l'Art de la Fugue.

-> détails et notes de programme

 


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:45

 

Brittany Mélodies : 2002-2012

10 ans de musique classique à Pordic

   

7ème Festival de Pordic

du 21 au 26 août 2012 

 

 

   

   

Informations et Réservations

 

Par courriel : brittany_melodies@yahoo.fr

 

A partir de juillet 2012, auprès de Pordic-Animation, à l'Office du Tourisme de Pordic (coordonnées disponibles prochainement)

 

Complément d'informations à venir.

 

 

 

Les lieux

 

Pordic (Côtes d'Armor), entre mer et campagne, à 9 km de Saint-Brieuc.

Accès à Pordic par la route départementale D786, entre Paimpol (37 km) et Saint-Brieuc (9 km).

 

2007 N1b 1228RecadCompr (c)NathalieGiraud

 

 

Centre Culturel de la Ville Robert, Pordic : centre bourg, à deux pas de l'église Saint-Pierre ; parking sur place.

  

  

     Pordic 25082008dcompr(c)NathalieGiraud 0375    

Chapelle du Vaudic (15ème siècle) : à 2,7 km de Pordic.

La direction est fléchée depuis la D786.

 

 

 


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:40

Brittany Mélodies :

2002-2012, 10 ans de musique classique à Pordic

 

7ème Festival de Pordic

du 21 au 26 août 2012 

 

 

 

CONCERT D’OUVERTURE

MARDI 21 AOUT | 20h30 | Chapelle du Vaudic

 

L'alto ou la voix intérieure — Bach, transcription et modernité

par Adrien Boisseau, alto

 

Johann Sebastian Bach (1685−1750)

Suite pour violoncelle seul N°4 BWV 1010 en mi bémol majeur (1723) (transcription pour alto)

 

Paul Hindemith (1895−1963)

Sonate Op.11 N°5 pour alto solo (1919)

Quatre mouvements : 1. Lebhaft, aber nicht geeilt – 2. Mäßig schnell, mit viel Wärme vorgetragen − 3. Scherzo. Schnell − 4. In Form und Zeitmaß einer Passacaglia

 

Johann Sebastian Bach (1685−1750) / Zoltán Kodály (1882−1967)

Fantaisie Chromatique en ré mineur (arrangement pour alto seul par Zoltán Kodály de la Fantaisie Chromatique BWV 903, sans la Fugue, 1951)

 

J.S. Bach fonde, au début du XVIIIème siècle, une littérature [pour violon seul et] pour violoncelle seul visionnaire. Celle-ci attendra le XXème siècle pour fleurir, grâce à un interprète de génie, Pau Casals, qui donnera aux compositeurs (Britten, Cassado, Ligeti, Kodaly, etc.) l’idée d’écrire eux aussi pour cordes solistes. Prophétique au plan harmonique (la Fantaisie Chromatique BWV 903 est une de ses œuvres les plus audacieuses) Bach tisse la musique moderne de références classiques : Hindemith clôt sa sonate pour alto (1919) par une Passacaille qui rend un hommage discret à Bach, et Zoltán Kodály s’approprie carrément la Fantaisie Chromatique BWV 903 pour clavier qu’il transcrit pour alto avec audace et ferveur(1951).

 


Adrien BoisseauAdrien Boisseau, né en 1991, commence l'apprentissage de l'alto à l'âge de cinq ans. Après un prix d'alto, de piano et de musique de chambre au Conservatoire de Nevers, il étudie ensuite auprès de Marie-Christine Witterkoer à Saint Maur.

En 2006, il est admis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Jean Sulem. Parallèlement, il enrichit sa formation auprès de Veronika Hagen au Mozarteum de Salzbourg et prend part à de nombreuses Masterclasses avec des artistes tels que Jean-Claude Pennetier, le quatuor Juilliard, le quatuor Via Nova, Tatjana Masurenko, Hatto Beyerle ou encore Antoine Tamestit.

En 2008, il est lauréat du concours FMAJI qui lui donne l'opportunité de se produire à de nombreuses reprises avec orchestre (Symphonie Concertante de Mozart, Concerto pour alto de Stamitz, Concerto pour alto de Bartók avec l'Orchestre Pasdeloup…). L'année suivante, il est récompensé par le 1er Prix et le Prix du public au concours Max Rostal à Berlin. Adrien s'intéresse particulièrement à la musique de chambre ; il va alors participer à deux reprises à l'Académie de Santander (2008-2009) où il joue avec des musiciens renommés tels que Peter Cropper, Sylvia Marcovici, Hansjörg Schellenberger ou encore Marco Rizzi.

Au cours de la saison 2007-2008, Adrien Boisseau est reçu à l'Académie de l'orchestre Philharmonique de Radio France. Il se produit alors sous la direction de chefs prestigieux tels que Manfred Honeck, Myun Whun Chung ou encore Kazushi Ono. Il s'implique aussi dans des projets soutenant la musique de notre temps. En 2008, il participe à l'Académie de musique contemporaine de Lucerne où il joue sous la direction de Pierre Boulez. La même année, il interprète une œuvre pour alto et électronique à l'IRCAM.

Au cours de l'été 2010, il prend part à l'International Music Academy-Switzerland où il travaille en quatuor sous la direction de Nobuko Imai et Seiji Ozawa. Adrien Boisseau est ensuite invité au Festival des Arcs (2009-2010), au Festival de Pâques de Deauville et au Festival de l'Août Musical de Deauville (2010). Il est alors amené à se produire avec Renaud Capuçon, Lise Berthaud, Amaury Coetaux, Eric Crambes, Ayako Tanaka.

Depuis 2009, Adrien Boisseau est résident à la fondation Singer-Polignac, à Paris.

En mars 2011, Adrien Boisseau a fait ses grands débuts à la Philharmonie de Berlin avec le Deutsches Symphonie Orchester dans le Double Concerto de Bruch et le Concerto pour alto de Léo Smit.

Adrien Boisseau joue un alto Stefano Scarempella de Bernard Sabatier, luthier.

 

 


 

Johann Sebastian Bach (1685−1750)

Suite pour violoncelle seul N°4 BWV 1010 en mi bémol majeur (1723) (transcription pour alto)

  

  

 


 

Paul Hindemith (1895−1963)                                                  -> biographie

 

Sonate Op.11 N°5 pour alto solo (1919)

Herrn Professor Dr. Karl Schmidt gewidmet ; Création le 14 /11/1920 par l’auteur

Quatre mouvements : 1. Lebhaft, aber nicht geeilt – 2. Mäßig schnell, mit viel Wärme vorgetragen − 3. Scherzo. Schnell − 4. In Form und Zeitmaß einer Passacaglia

 


 

Johann Sebastian Bach (1685−1750) / Zoltán Kodály (1882−1967)

 

Fantaisie Chromatique en ré mineur (arrangement pour alto seul par Zoltán Kodály de la Fantaisie Chromatique BWV 903, sans la Fugue, 1951)

 

Il n'existe pas de manuscrit autographe de la Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur BWV 903  pour clavecin, mais il en existe de nombreuses copies, souvent avec des variantes ; elle offre ainsi aux chercheurs un champ d'étude difficile. On n'a pas encore éclairci le point de savoir quelle version Kodály a utilisé (...) -> lire la suite...

 

    Lire un texte de Bela Bartok sur Z. Kodály ->

 

 


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:38

Paul Hindemith (1895-1963)


 

Le début d’une carrière

 

Paul Hindemith grandit dans une famille de la petite bourgeoisie. […]. Les termes d’une lettre [que son père] adresse à Emma Ronnefeldt, protectrice du jeune Paul, révèlent qu’il n’hésite pas à compter le châtiment corporel au nombre de ses méthodes d’éducation : « Une fois, j’ai confié notre fils aîné, entre l’âge de trois et six ans, à mes parents. A l’époque où je l’ai remis entre leurs mains, j’avais réussi à lui inculquer un très haut niveau d’écoute et d’expression  musicale. Mais, lorsque j’en ai repris la garde au moment de sa scolarisation, toutes ces qualités s’étaient altérées. Mes parents étaient des gens fins et cultivés, mais âgés, et ils traitaient leur petit-fils comme un dieu. Le jeune garçon a payé cher son retour à une parfaite maîtrise du savoir que je lui avais inculqué ». […].

 

Dès le début de la guerre, son père se porte volontaire et tombe au front en septembre 1915. Depuis lors, Paul occupe la place de premier violon de l’Opéra de Francfort et se sent la responsabilité de soutenir sa mère, son frère et sa sœur. […].Faisant son autocritique quelques années plus tard en dressant le catalogue de ces pièces [opus n° 1 à 9], Hindemith relève : « Au cours de cette période, le monde se dérobait sous mes pieds et je ne saisissais plus ce qui se passait autour de moi. Alors, finalement, il ne restait plus qu’à me consacrer à la composition ». En août 1917, Hindemith est appelé sous les drapeaux. Il rejoint son régiment en janvier 1918, sur le front d’Alsace où il est enrôlé comme tambour et premier violon d’un quatuor à cordes composé de soldats. […].C’est en 1921 que Hindemith réussit à s’imposer sur la scène musicale lorsque son Troisième Quatuor à cordes op. 16 est exécuté dans le cadre du premier « Festival de Donaueschingen ». Pour quelle raison le public a-t-il été à ce point fasciné par cette œuvre ? Sans doute l’élan rythmique et la construction classique soutenant son écriture ont-ils été facilement appréciés par les mélomanes à la faveur de la structure claire de sa forme.

 

La pratique musicale

 

[…].Dans les années 1920, […].il devient l’un des altistes les plus célèbres de son époque – notamment parce qu’il est à la fois compositeur et instrumentiste. De 1919 à 1939, il compose sept sonates pour alto au total (les Sonates pour alto solo op. 11 n° 5, op. 25 n° 1, op. 31 n° 4 et la Sonate de 1937 ainsi que les Sonates avec accompagnement de piano op. 11 n° 4, op. 25 n° 4 et la Sonate de 1939). […]. Il donne alors jusqu’à cent concerts par an dans différents pays européens et part également en tournée en Union Soviétique durant les hivers 1927/28 et 1928/29.

 

Hindemith commence à s’intéresser à la « musique ancienne » en 1922 ; il compose la Kleine Sonate op.25 n°2 (1922) pour la viole d’amour (et comme le décrit Hindemith dans une lettre adressée à une amie, « un instrument merveilleux […], du plus beau timbre que tu puisses imaginer, d’une suavité et d’une douceur totalement indescriptibles » […].. Il donne de très nombreux concerts de musique baroque […].. Plus tard, en collaboration avec le Collegium Musicum de la Yale University, il élabore des programmes de concerts qui présentent des compositions allant de Perotin à Bach.Lorsque cela s’avère nécessaire, Hindemith y joue également la partie du violon, de l’alto, de la vielle, de la viole de gambe ou du basson. […].Hindemith décide de mettre un terme à sa carrière d’altiste lorsqu’il écoute en 1940 ses derniers enregistrements sur disques : « J’ai décidé de renoncer définitivement à toute exécution en public. Si elle n’est pas plus belle que ce qui sort du gramophone, alors elle n’est pas digne d’être jouée».[…].

 

Émigration

 

Le 10 mars 1933, Hindemith écrit « Avec tout ce que je vois ici dans le monde musical et théâtral, je crois que, bientôt, tous les postes de théâtre seront occupés par de jeunes nationalistes robustes. Au printemps  prochain, une fois les premières difficultés surmontées, on devrait avoir une bonne chance de présenter un opéra de Penzoldt et de moi-même ». Hindemith se trompe. En avril 1933, les Éditions Schott l’informent que la moitié de ses oeuvres ont été classées sous le vocable de « bolchevisme culturel » et que leur représentation publique est – officieusement  – interdite. En dépit de nombreuses brimades et de plusieurs articles de délation, Hindemith persévère, toujours dans l’espoir que le régime nazi ne sera que de courte durée. Frappé d’interdit d’exécution publique, il part interpréter ses œuvres dans les pays voisins, avec les compagnons juifs de son trio, Szymon Goldberg et Emanuel Feuermann. Une longue réflexion sur le problème de l’inaction face à la création artistique et la politique succède alors à son retrait de la vie publique. […].En toute innocence, Hindemith croit désormais qu’il sera possible de clarifier de manière positive sa position face au Troisième Reich. En novembre 1934, Furtwängler publie un article […]. « Le cas Hindemith », dans lequel il s’engage avec véhémence en faveur de Hindemith et réclame un espace politique dédié à l’art. Joseph Goebbels réagit immédiatement lors de la réunion de la Chambre de la culture du Reich qui se tient le 6 décembre 1934 au Palais des sports à Berlin. Sans nommer Hindemith par son nom, il le qualifie de « atonaler Geräuschemacher » [« bruiteur atonal »] et proclame : « Le national-socialisme représente la conscience  non seulement politique et sociale mais aussi culturelle de la nation ». […].L’interdiction officielle d’interpréter la musique de Paul Hindemith en Allemagne est promulguée en octobre 1936 […].. Pour Hindemith, la décision de quitter l’Allemagne n’est plus qu’une question de jours. […].

 

Poète et penseur

 

Dès son plus jeune âge, Paul Hindemith se passionne pour la littérature et l’art. Le lyrisme comique de Christian Morgenstern, notamment, le fascine. Lorsque Hindemith s’exprime sur l’actualité ou sur le comportement de ses contemporains, son ton est souvent empreint d’humour, piquant et acerbe. Cet exemple permet d’apprécier son sens de l’ironie :  « Le joueur de triangle a attiré mon attention. Sans doute s’agit-il d’un homme fort important issu de la bourgeoisie, avec une femme et des enfants qui l’attendent dans une maison sans dettes. Peut-être est-il propriétaire d’une fameuse collection de timbres bien connue dans le cercle des philatélistes, et siège-t-il  à la direction du conseil paroissial ou en tant que membre honoraire dans diverses associations renommées... Cette personnalité comptait…les pauses et décrochait ici et là un petit son de sa corbeille à pain triangulaire. Pour le produire, cela lui demandait un effort intellectuel aussi important que pour nouer son lacet de chaussure ; mais il avait tout de même derrière lui des années de conservatoire, des diplômes, des auditions et gagné de nombreux concours ». […].

 

On est proche du Secret de l’ancienne Musique de Villiers de l’Isle-Adam (note Brittany Mélodies)

 

Il relate sa visite de l’observatoire du Mont Wilson en Californie par ces mots : « Dans l’un des bâtiments à coupole que nous avons franchi, une musique retentissait : un photographe, assis derrière le deuxième plus grand télescope, a passé des heures à prendre des clichés d’une étoile tout en écoutant, dans le froid et le noir, la Symphonie en mi bémol majeur de Mozart, diffusée à la radio ou passée sur un gramophone. Il était fort étrange d’écouter cette musique, entouré d’étoiles, car le travail avec de tels appareils évoque plutôt le silence glacial de l’immensité infinie. Et, pourtant, une fois la première surprise passée, cette musique se liait réellement à cet infini, formant ainsi un corps constitué de mesures et de sons qui n’était altéré par aucune faute ou imprécision. Je crois que, hormis celles de Bach et de Mozart, aucune autre musique n’aurait pu supporter une telle rencontre ! ».

Hindemith, cet inconnu :[…] Nous jouons également de la musique, mais seules des oreilles spécialement préparées à l’écouter - et de préférence munies de tampons de coton – peuvent la supporter. Nous avons créé un drame en musique que nous représenterons après le jour de l’an. Vous y êtes aussi cordialement invités. Mais, pensez à apporter de l’aspirine ! ». Ce cercle d’amis inspire Hindemith dans les années 1913-1920 : il écrit au total sept « oeuvres maîtresses dramatiques » – des pièces grotesques voire même surréalistes dont le sujet est en majeure partie autobiographique. […].Aujourd’hui, nous n’en possédons que les titres et l’orchestration, comme, par exemple, la « Festmarsch : Das Grab ist meine Freude » et la « Musik für 6 Instrumente und einen Umwender » (embrayage?) pour flûte, piano, 2 violons, violoncelle et contrebasse, la « Gouda-Emmental-Marsch » pour petite flûte, piano et quintette à cordes, ou bien le « Lied accompagné du grand orchestre dans le style de Richard Strauss (le texte est issu d’un journal pour apiculteur) » pour soprano et quatuor à cordes. Les compositions encore disponibles « Minimax. Repertorium für Militärorchester » (1923) et l’Ouverture du Vaisseau Fantôme jouée comme le ferait « un mauvais orchestre d’une station thermale à 7 heures du matin, près d’une fontaine, en déchiffrant la partition » (1925), toutes deux pour quatuor à cordes, donnent une idée de l’humour musical de Hindemith. […].Une des grandes passions de Hindemith consistait à jouer au train électrique. Dans les années 1930, il invite des amis et des relations – dont certaines personnalités, comme le pianiste Artur Schnabel ou le poète Gottfried Benn – à venir jouer avec lui au petit train dans son appartement à Berlin. […]. « Il possédait 300 mètres de rails, des voies électriques très sophistiquées, équipées d’aiguillages et de signaux ferroviaires. Le dimanche, il s’asseyait et élaborait minutieusement des horaires qui auraient fait la fierté de n’importe quel chef de gare. Les heures en service normal correspondaient à des minutes et les minutes à des secondes. Lorsque tous étaient réunis, ils passaient la matinée à assembler le train dans trois pièces de l’appartement. Ensuite, l’après-midi, ils commençaient à jouer. Chacun obtenait un horaire et un chronomètre et était tenu de télécommander un train qui devait respecter scrupuleusement les arrêts et les points d’évitement et arriver à la destination prévue à la seconde près. Madame Hindemith racontait que souvent, à 2 ou 3 heures du matin, les hommes (en particulier lorsque Artur Schnabel – un fanatique des trains électriques – était présent) totalement épuisés, venaient lui demander un schnaps ». […].

 

Le Lac Léman

 

Dans son ultime composition, une Messe a cappella, Hindemith associe des motifs typiques de diverses époques de l’histoire de la musique tout en les soumettant à la complexité de ses propres conceptions harmoniques. Les possibilités d’intégration dans cette œuvre tout à fait nouvelle de formes de composition historiquement éloignées du genre de la messe apportent, pour Hindemith, la preuve que le système tonal montre, par nature, des qualités qui défient le temps. Ainsi donc, il est fondamentalement convaincu que des genres musicaux tels que la messe, le motet ou le madrigal représentent, par leur tradition même, un idéal à ce point immuable qu’il parvient à réunir compositeur, interprète et auditeurs dans un sentiment de communion que, pense-t-il, ses contemporains ne partagent plus. […].À partir du milieu des années 1950, il s’exprime de manière extrêmement polémique, dans des conférences et des articles de journaux, sur l’évolution de la musique moderne et ses représentants. Si ces derniers se sont résolument tournés vers l’avant-garde, Hindemith estime qu’ils ne se soucient pas suffisamment de l’ancrage de la musique dans la vie de tous les jours de la société contemporaine. […].

 

(Source : http://www.paul-hindemith.org/content/view/57/102/lang,fr/ nota : Ce site Hindemith, très intéressant, est en trois langues : English, Deutsch, Français)


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:36

 

Il n'existe pas de manuscrit autographe de la Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur BWV 903  pour clavecin, mais il en existe de nombreuses copies, souvent avec des variantes ; elle offre ainsi aux chercheurs un champ d'étude difficile. On n'a pas encore éclairci le point de savoir quelle version Kodály a utilisé. Si la comparaison avec l'édition Henle montre pour la partie d'alto certaines erreurs d'impression, l'absence de barres de mesure ainsi que certaines modifications résultent de choix faits intentionnellement par Kodály. De même la conclusion : la Fantasia cromatica prend fin contrairement à ce qu'écrit Bach. Il n'y a cependant pas lieu de blâmer une telle liberté dans le traitement de la partition musicale originale. La transcription donne à celui qui la réalise, comme à celui qui la joue, une vision précise, et le moyen de pénétrer les structures de l'original. Il a gagné la liberté. Mieux que communiquer à nouveau, il peut en faire ressortir à neuf le caractère original et l'esprit, à sa manière à lui. Bach et les maîtres anciens ont allègrement transcrit et ils se sont appropriés ainsi de nouvelles techniques de composition. De même Zoltán Kodály, qui a transcrit pour alto la Fantaisie chromatique en 1950. Audacieux au point de repousser, par la mise en œuvre de raffinements chromatiques et harmoniques, la composition de Bach jusqu'aux frontières de la tonalité majeur-mineur. Virtuose au point que l'interprète (comme si tout cela lui venait spontanément), doit faire face aux cascades de tonalités, aux arpèges et aux triples cordes acrobatiques avec ses deux mains. Téméraire au point de transcrire la Fantaisie chromatique pour un instrument à cordes, et d’en faire sonner toutes les notes sur quatre doigts seulement. L'œuvre se divise en deux parties bien différentes, une ouverture multiforme qu'on pourrait croire improvisée, et un récitatif instrumental très prenant, l'un des plus vastes et des plus expressifs de toute la littérature.

 

(Source : Christine Mitlehner, http://www.musiktext.de/texte/bach_chrom903_txt.htm, traduction Brittany Mélodies)

 


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:30

Brittany Mélodies :

2002-2012, 10 ans de musique classique à Pordic

 

7ème Festival de Pordic

du 21 au 26 août 2012 

 

 

 

MERCREDI 22 AOUT | 20H30 | Chapelle du Vaudic

 

Jean-Baptiste Lully à Versailles, Louis XIV et le Baroque sacré

par l’Irish Chamber Choir of Paris, chœur féminin dirigé par Jean-Charles Léon

 

Artus Aux-Cousteaux (1590 ? −1656)

Messe ad imitationem moduli Grata sum harmonia (1647)

 

Jean-Baptiste Lully (1632−1687)

Petits motets (programmation en cours)

 

Le baroque français contribuera à structurer le baroque européen (voyez l’ouverture à la française de J.S. Bach, avec ses danses bien françaises, Courante, Gavotte, Passepied, Sarabande, Bourée (sic), Gigue etc… ).

 


 

Pordic-27082008b_241--c-NathalieGiraud.jpgJean-Charles Léon, chef de Chœur créateur de l'Irish Chamber Choir of Paris, est professeur agrégé, musicologue, chercheur associé au Centre de Musique baroque de Versailles. Spécialiste des sources musicales de la période baroque, il propose, à travers ses nombreuses transcriptions et programmes de concert, des techniques de lectures novatrices. Ses théories sont exposées dans diverses revues musicologiques, lors de colloques ou de conférences. Il est également responsable de deux collections de partitions et participe à divers projets d'éditions de thé?tre mêlé de musique. Depuis 2004, Jean-Charles Léon dirige le Chœur de chambre du Centre Culturel Irlandais avec lequel il fait de nombreux concerts. Parallè lement, il collabore avec des ensembles prestigieux (A Sei Voci, Maîtrise de Notre Dame) et le Lachrimae Consort qu'il codirige avec son ami Philippe Foulon jusqu'en juillet 2006.  

 




Arthus Aux-Cousteaux (1590 ? −1656)                        -> biographie

Messe ad imitationem moduli Grata sum harmonia (1647)

 

 

 

 


 

Jean-Baptiste Lully (1632−1687)                                  -> biographie

Petits motets (programmation en cours)

 

 

En savoir plus sur les petits motets et le latin ->

 

 

 

 


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:28

Artus Aux-Cousteaux (1590 ?-1656)


 

L’orthographe varie Haut-CousteauHartus aux Cousteaux etc…

 

Né à Amiens dans les dernières années du XVIe siècle, Artus Aux-Cousteaux reçut une solide formation musicale au sein de la maîtrise de Saint-Quentin, sous la direction du compositeur et maître de chapelle Jean de Bournonville. Son éducation musicale terminée il eut la chance de servir notre Roy tres juste [Louis XIII] par treize années en sa chapelle de musique. A partir de 1629, Aux-Cousteaux revint travailler à Saint-Quentin en qualité de maître de musique cette fois. Enfin, admis en 1634 comme clerc haute-contre en la Sainte-Chapelle, il se fixa définitivement à Paris où il s'attira très vite la protection et les bonnes grâces de Mathieu Molé, Premier Président du Parlement puis Garde des Sceaux et grand amateur de musique.

 

En 1642, Artus Aux-Cousteaux était reçu au poste de maître de musique de la Sainte-Chapelle, chargé de la formation musicale des enfants de la prestigieuse maîtrise royale. Excellent technicien et bon mélodiste, il prétendit alors refuser certaines "facilités" du style nouveau qui faisait fureur sur scène et dans les salons. De ce fait, mais en grande partie démentie par la réalité de sa musique, est née la légende qui a fait d'Aux-Cousteaux l'un des parangons de ce conservatisme alors omniprésent dans la musique d'église en France.

Orgueilleux, ne souffrant aucune contradiction, querelleur, usant volontiers de l'invective et même de l'insolence envers ses supérieurs du Chapitre de la Sainte-Chapelle, il fut à plusieurs reprises en butte aux réprimandes de ces Messieurs qui, par trois fois, entre 1640 et 1645, prononcèrent contre lui une sentence d'exclusion ! Il ne dût son maintien en place qu'aux interventions bienveillantes et répétées de Mathieu Molé.

 

En 1650, une enquête ordonnée par le Chapitre à la suite de plaintes concernant de grands désordres dans la Maîtrise dût aboutir à la mise en cause de sa responsabilité et provoquer son départ, car à partir de cette époque son nom disparaît des registres capitulaires. La préface d'un petit livre de Psaumes parus en 1656 nous apprend son décès pendant le travail d'impression.

 

Personnage contesté, sa mauvaise réputation n'allait, hélas, pas s'éteindre avec lui. Ainsi, au début du XVIIIe siècle, le célèbre Sébastien de Brossard, compositeur et maître de chapelle lui aussi, dresse de notre homme un portrait peu flatteur :

 

J'ay ouy dire par le feu Sieur Christophe Ballard dont le père a imprimé beaucoup de musique de cet auteur (Aux-Cousteaux), que c'estoit un pédant fieffé, qui ne vouloit suivre que sa teste, où il croyoit que toute la science imaginable estoit enfermée, et qui, parce qu'il occupoit le meilleur poste du royaume, s'imaginoit que tout luy devoit céder et que rien n'estoit supportable que ce qu'il faisoit ou inventoit.

 

Ses qualités musicales étaient néanmoins reconnues par certains de ses confrères. Ainsi, en 1643, nous trouvons le témoignage du maître des enfants de la cathédrale d'Auxerre, Annibal Gantez, un musicien qui ne ménage pourtant pas ses critiques envers les musiciens avec lesquels il se trouvait en concurrence :

Celuy que j'ay trouvé en ce païs le plus agréable en la Musique, c'est Veillot, Maistre de Nostre Dame, & celuy que j'ay rencontré le plus grave en la sienne c'est Péchon, Maistre de Sainct Germain. Mais Haut-Cousteau, Maistre de la Saincte Chapelle, fait parfaitement tous les deux.

 

La valeur de sa musique en faisait un compositeur particulièrement apprécié dans les maîtrises et psallettes du royaume et il n'est pas rare de voir figurer certaines de ses œuvres dans les listes d'ouvrages musicaux de l'époque. Ainsi, un inventaire de la psallette de Saint-Tugal de Laval (Mayenne), réalisé en 1656, signale, à côté de divers livres de musique pour le service divin :

 

Cinq petits livres de Hartus aux Cousteaux dont les premiers sont les commandements, les verz composés par Monsieur Mathieu

 

Cette allusion aux Quatrains de Monsieur Mathieu mis en musique par Aux-Cousteaux et publiés pour une part en 1643, puis en 1652, donne une indication précieuse sur le genre de répertoire abordé dans le cadre des études musicales au sein d'une psallette de province.

 

Le recueil de 1643 est peut-être une réimpression car, dès 1636, dans l'Harmonie Universelle de Marin Mersenne, on peut lire la référence suivante, autre témoignage de l'intérêt suscité par la musique d'Aux-Cousteaux :

 

Quant aux exemples de la composition ordinaire, il n'est pas nécessaire d'en donner d'autres que ceux que le sieur Aux Cousteaux excellent Musicien a fait depuis peu imprimer à trois parties, car il donné 50 Trios qu'il a mis dans les 12 Modes tant par Bmol que par Bquarre, lesquels peuvent servir d'idée à ceux qui veulent apprendre à composer.

 

Plus étonnant encore, l'une des messes à 5 voix, ad imitationem moduli Gratia sum harmonia (1647) nous est connue par une source unique. Il s'agit d'un grand in-folio, conservé à la Bibliothèque du Séminaire de Québec (Canada), ayant appartenu aux Jésuites venus fonder en Nouvelle-France un collège, terminé en 1650, sous l'épiscopat de François de Montmorency-Laval.

 

Personnage controversé, en grande partie victime de son mauvais caractère, Artus Aux-Cousteaux est resté jusqu'à ce jour injustement méconnu et parfois méprisé.

 

Obéissant parfois aux exigences d'austérité émanant du Concile de Trente, il compose en 1641 ses Magnificat sur les huit modes : Octo Cantica Divæ Mariæ Virginis. Ailleurs, cédant à la tentation des mélodies à la mode, comme cet air de cour d'Antoine Boesset, Quelles beautés, ô mortels, composé pour un Ballet de Cour donné en 1621, il écrit, trente ans plus tard, une messe à 5 voix ad imitationem moduli Quelle beauté, ô mortels.

 

De même, il est intéressant de voir comment, en 1644, dans une pièce intitulée Madrigalle, il reprend à son compte les premières notes d’un des plus grands succès de la musique italienne du début du XVIIe siècle, Amarilli de Giulio Caccini, paru dans les Nuove Musiche en 1602. Cette petite citation, qui à l’époque doit résonner comme un « jingle » aux oreilles des mélomanes, montre la connaissance qu’il avait de la musique italienne considérée alors comme une sorte d’avant-garde.

 

Ces contradictions sont justement l'un des éléments qui confèrent à sa musique un caractère particulier, une certaine ambiguïté source d'une émotion qui lui est propre. Ces ambivalences ne sont pas rares dans les œuvres qui composent ses Meslanges de Chansons, recueil paru en 1644.

 

Reconnaissant lui-même implicitement cet aspect des choses, il écrit à l’adresse de son dédicataire et protecteur le Président Mathieu Molé :

 

Je souhaiterois, MONSEIGNEUR, que ce petit ouvrage n’eust point d’autre objet que les choses saintes, pour estre un present plus digne de vostre Grandeur ; mais puis que je vous dois la meilleure partie de mon bien, & que vostre bonté a daigné couronner le travail de ma vie, j'ay crû estre obligé de vous offrir des productions de toutes mes années.

 

La date de parution de ce recueil (1644) explique également la présence de pièces de circonstance : La Chanson à 5 Ouvrez, Prince du ciel est un hommage posthume à Louis XIII, mort au mois de mai 1643, alors que la Chanson à 6, en trois parties, Grand Roy pour qui le ciel a fait tant de miracles, salue comme il se doit le tout jeune roi Louis XIV.

 

Par ailleurs, le choix des textes mis en musique indique de la part du musicien un goût littéraire assez sûr. Son inspiration est partagée entre des poèmes à caractère moral ou philosophique, illustrés par des auteurs comme Philippe Desportes ou Racan, et d’autres consacrés au dépit amoureux, thème baroque par excellence.

 

De son vivant, Artus Aux-Cousteaux avait déjà pressenti cette mise à l’écart qui le guettait. Écoutons-le, quelque peu désabusé, conclure en assurant sa défense. Il s’adresse Au Lecteur en préface à la Suite des Quatrains de Monsieur Mathieu parue à Paris chez Robert Ballard en 1652 :

 

[Il se trouve] des Admirateurs ignorants, qui après avoir entendu trois ou quatre belles voix avec les Luths, les Thuorbes, les Violes, & les autres Instruments bien touchez pour suppléer au défaut de la Musique, s ‘en vont haussans les yeux & les espaules, disant partout qu’il ne faut rien entendre après ces Merveilles : Ceux qui les croient en demeureroient là, & mespriseroient tous les autres Compositeurs : Ils disent pour toute raison que la Musique n’est faite que pour contenter l’oreille de ceux qui n’y cognoissent rien : mais je leur responds que si la Musique mal composée & bien chantée nous plaist, à plus forte raison nous doit plaire & agréer davantage celle qui est bien composée et bien chantée.

Je n’ay pas entrepris, Lecteur, de te marquer exactement les fautes de la Musique [de quelques Musiciens de ce siècle] afin qu’ils excusent les miennes ; je ne reprends que leur vanité, & me soumets librement à ta Censure.

 

En 1993, presque 350 ans après la mort de notre musicien, la musicologue Denise Launay, éminente spécialiste de la musique française du XVIIe siècle, évoque Aux-Cousteaux comme l’une des figures les plus originales de la musique religieuse de son temps. Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour rendre justice à ce compositeur victime d’attaques excessives, sans cesse colportées et amplifiées par de nombreux critiques qui n’ont apparemment jamais pris la peine de consulter sa musique…

 

(Source :  http://poirierjm.free.fr/artus.htm, un site exceptionnel de richesse sur la musique baroque en général et le luth en particulier)


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:26

Jean-Baptiste Lully (1632-1687)


 

Né dans un milieu modeste, mais très tôt au fait de la pratique musicale, Lully entre en 1646 au service de Mademoiselle de Montpensier, qu'il quitte à vingt ans pour la Musique du roi. S'affirmant d'abord comme baladin (Ballet de la nuit, 1653), il acquiert rapidement une double réputation de violoniste et de compositeur, est nommé surintendant et compositeur de la chambre (1661), crée la bande des Petits Violons (par opposition aux 24 Violons du roi), devient sujet français. C'est le début d'une carrière fulgurante, où la faveur royale et une fortune soigneusement gérée lui permettent de consacrer son intelligence et son énergie toujours en éveil à l'oeuvre de sa vie: l'élaboration de l'opéra français à partir des différents éléments existants: ballet de cour (oeuvre collective), pastorale et divertissement, comédie-ballet.

 

Lully collabore avec Molière pour le Mariage forcé, Monsieur de Pourceaugnac, les Amants magnifiques, Le Bourgeois Gentilhomme, L'Amour médecin, Georges Dandin, la Princesse d'Elide. En 1672, il se fait accorder par lettres patentes le privilège exclusif pour la fondation de l'"Académie royale de musique", privilège dont les détenteurs, Perrin et Cambert, étaient en faillite. Il signe un contrat avec Philippe Quinault: ce dernier devra fournir le texte d'un opéra par an. Enfin, dès la mort de Molière, il se fait attribuer la salle du Palais-Royal. Cadmus et Hermione, Alceste, Thésée, Atys, Isis, Bellérophon (avec Thomas Corneille et Fontenelle), Proserpine, le Triomphe de l'Amour (apparition des premières ballerines), Persée (à la machinerie remarquable), Phaëton, Amadis, Roland, Armide, Acis et Galatée (avec Campistron) jalonnent la période qui s'étend de 1673 à 1687. Lully meurt en pleine activité des suites d'un coup de canne malencontreux.

 

Comme les peintures de Le Brun ou les tragédies de Racine, l'opéra lulliste est d'abord un art de charme, d'élégance et de majesté, conçu pour plaire au roi. Le fondement en est le récitatif imité de "la comédie sur les tons de la Champmeslé" (Lecerf), ponctué par les airs, charpenté par l'ouverture à la française (lent-vif-lent), les symphonies de danses et les choeurs. Le charme flexible des airs (Lully en "laissait venir" plusieurs et retenait le meilleur), l'orchestre bien dessiné (opposition bois-tutti ou voix-instruments, option pour la flûte traversière) et la puissance des ensembles (passacailles finale avec choeurs) en sont caractéristiques. En tant que pédagogue, on doit à Lully la formation très poussée de la troupe de l'Opéra: chanteurs, danseurs, instrumentistes, dont la qualité se maintient encore de nos jours.

 

L'opéra lulliste, peu éloigné dans sa forme et dans son caractère de celui de Purcell, sera celui de Rameau et même de Glück, tandis que le principe de l'ouverture et celui de ses symphonies exerceront une grande influence sur l'évolution de la musique symphonique.

 

Le site http://sitelully.free.fr/ dont toutes ces notes proviennent, consacre de courts articles aux multiples facettes du personnage :

 

Le musicien : Guitariste, Violoniste, Claveciniste

Le chef d'orchestre

Le comédien

Le danseur

Le chorégraphe

Le chanteur

Le compositeur

Le parolier

Le metteur en scène

 

et, pour finir.... L'homme d'affaires, cité intégralement ci-dessous :

 

Lully menait de front ses diverses entreprises: l'Académie Royale de Musique, la création annuelle de ses opéras, quand ne s'y ajoutait pas la composition de ballets ou motets. La fonction de Surintendant de la Musique de la Chambre requérait des compétences tant administratives qu'artistiques. L'emploi englobe le recrutement des acteurs, chanteurs, danseurs, instrumentistes, l'écriture et le choix des ballets, divertissements, tragédies lyriques, musique de chambre, la présidence des répétitions, la direction des représentations.

 

Bourreau de travail, Lully dirigeait en outre l'opéra du Palais Royal à Paris. Est-il peut-être nécessaire de rappeler que l'opéra était à l'époque une entreprise privée, non subventionnée par l'Etat. S'étant fortement endetté pour racheter le privilège de l'opéra à Perrin, il réussit à obtenir la garantie que représentait le monopole absolu de toute représentation musicale de plus de deux chanteurs et deux musiciens dans le royaume. Il put ainsi rentabiliser son investissement périlleux, à l'abri de toute concurrence. Il accepta néanmoins quelques exceptions notamment au profit du théâtre de Pierre Gautier à Marseille, ou encore au profit de Molière, qui put jouer son "Malade Imaginaire" sur la musique de Marc-Antoine Charpentier, malgré de nombreuses restrictions.

 

En bon gestionnaire, il savait où étaient ses priorités: s'il payait largement ses collaborateurs, pour que ces derniers lui soient attachés, il pouvait cependant se montrer moins généreux pour les choses qu'il jugeait secondaires. Ses choix se sont avérés judicieux puisqu'il réussit à faire de cet opéra une affaire florissante, qui connut, après son décès, de nombreuses affres financières.

 

(Source : http://sitelully.free.fr)


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